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Quatorze squelettes font surface au centre de Vevey

Un cimetière du Moyen Âge s’offre à la vue des habitants de la rue des Communaux.

Certaines dépouilles d’habitants de la Vevey médiévale semblent reposer paisiblement, les os encore bien intacts.
Certaines dépouilles d’habitants de la Vevey médiévale semblent reposer paisiblement, les os encore bien intacts.
Florian Cella

Vue macabre que celle offerte aux regards des passants à la rue des Communaux, à Vevey. Dans des tranchées de vingt-cinq mètres de longueur, quatorze squelettes humains ont été exhumés le 30 septembre dernier. «Ma mère a son balcon qui donne sur cette rue, raconte une jeune passante. Cela paraît fou que nous n’ayons pas été au courant plus tôt de ce qui s’y cachait.»

Certaines dépouilles, aux os bien intacts encore, semblent reposer paisiblement, comme celle dont les mains sont jointes sur le ventre. Les ossements ont été découverts pendant des travaux effectués par les Services industriels visant à l’aménagement de conduites d’eau et de gaz ainsi que de câbles électriques. «Ces ossements révèlent l’existence d’un cimetière ancien, explique Alain Studler, archéologue de la société d'investigations Archeodunum. Nous savons qu’il date du Moyen Âge, sans pouvoir donner plus de précision pour l’heure.»

Archeodunum a été mandatée avant le début des travaux. «Un avis de prudence avait été émis par le Canton, car des vestiges avaient été signalés dans les alentours», souligne Alain Studler, responsable des opérations pour ce chantier.

Une nécropole sous les pieds

Ce ne sont en effet pas les premiers ossements découverts dans le périmètre. Une centaine de squelettes avaient été déterrés dans le quartier durant les années 50, tandis qu’une nécropole du Moyen Âge, gisant sous l’église Saint-Martin et également située sur la rue des Communaux, à une trentaine de mètres, avait resurgi dans les années 80. «Un lien est présumé entre la nécropole et les os humains découverts la semaine dernière dans cette rue», précise Alain Studler.

Cette trouvaille intervient peu après celle du mois dernier, à Morges, où, sur le chantier de l’Églantine, un site datant de la préhistoire a été identifié. À Saint-Maurice (VS), les fouilles d’une chapelle funéraire construite au VIe siècle avaient permis de mettre au jour 250 tombes ce printemps.

Outre le caractère insolite de cette découverte en plein centre de Vevey, ces vestiges présentent un intérêt archéologique, selon Sophie Thorimbert, archéologue et responsable scientifique pour les fouilles sur ce terrain. En effet, «ils permettent de caractériser l’état sanitaire de toute une population».

Pendant le temps qu’il faudra pour étudier les restes de ces résidents de la Vevey médiévale, les travaux sont interrompus. D’ici à la fin de la semaine, les fouilles devraient se terminer, les corps disparaître afin que le chantier se poursuive. «Mais ce délai peut être prolongé selon les conditions météorologiques… et les perturbations engendrées par les dérangements», lance l’archéologue d’Archeodunum, sourire en coin. Les ossements seront ensuite stockés et conditionnés au dépôt du Musée cantonal d’archéologie.

À la rue des Communaux, il n’est pas impossible que les Services industriels doivent revoir l’itinéraire prévu initialement pour les travaux, ou que l’excavation ne soit pas effectuée aussi profondément que souhaité. «Sur vingt-cinq mètres, on a trouvé quatorze squelettes. Rien n’exclut qu’on en rencontre encore sur les septante-cinq mètres restants», signale Alain Studler.

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