Regards suisses sur le duel Copé-Fillon

Primaire de l'UMPLes adhérents de l’UMP éliront dimanche leur président. L'avis de l'historien du PLR Olivier Meuwly et du binational PLR Léonard Bender sur les deux candidats, Jean-François Copé et François Fillon.

Jean-François Copé, à gauche, est l'actuel secrétaire général de l'UMP. François Fillon, à droite, était Premier ministre  de Nicolas Sarkozy.

Jean-François Copé, à gauche, est l'actuel secrétaire général de l'UMP. François Fillon, à droite, était Premier ministre de Nicolas Sarkozy. Image: AFP

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Trois questions à Léonard Bender, binational, membre de l’UMP, ancien vice-président du parti radical démocratique suisse et ancien président du PLR valaisan et à Olivier Meuwly, historien du PLR et spécialiste des mouvements de droite.

la Tribune de Genève: Que pensez-vous de cette primaire de l’UMP?

Olivier Meuwly: C’est un duel très suivi car très symbolique. Il va bien au-delà du microcosme français. Les oppositions internes que rencontre l’UMP sont les mêmes partout. En Suisse, la droite continue à se décomposer, avec une UDC qui s’affaiblit un peu et des partis centristes émergents. Cet éclatement existe aussi en France. Si l’on crée un parallèle, nous avons un radical, François Fillon, opposé à un UDC , Jean- François Copé.

Léonard Bender: L’organisation de débats publics médiatisés est selon moi une bonne chose car ils permettent de montrer tout le spectre politique du parti et d’ouvrir le débat aux Français. La primaire socialiste n’a pas fait éclater le parti, comme certains l’annonçaient, bien au contraire. Je n’ai donc pas peur pour l’UMP.

La présidentielle de 2017 n’est-elle pas trop au centre des préoccupations des candidats?

Léonard Bender: Statutairement, les membres de l’UMP désignent dimanche l’équipe dirigeante du parti. Il faudra donc réorganiser un vote pour choisir le candidat à la présidentielle. Mais il est vrai que le chef de l’opposition devient le principal contradicteur du président, dans une politique toujours plus personnalisée. Cela est dû selon moi au passage du septennat au quinquennat, qui change la pratique, le tempo et les équilibres politiques. Le président n’est plus au-dessus de la mêlée comme auparavant. Il est devenu un acteur politique de premier plan. François Hollande l’a bien compris cette semaine en organisant sa conférence de presse. Il renonce enfin à son étrange concept de «président normal».

Olivier Meuwly: Cet enjeu ne peut pas être absent de cette élection. Dans cinq ans, si le Front National stagne, que le centre autour de Borloo rassemble l’aile gauche de l’UMP, et que les divisions entre Copé et Fillon demeurent, Hollande se fera réélire très facilement. Copé a donc raison de vouloir récupérer les électeurs du FN pour les ramener au centre. Il vise la frange libérale déçue par Nicolas Sarkozy et la gauche en général. De son côté, Fillon se profile pour créer un centre droit fort en France, qui fera barrage à la création d’un nouveau centre.

Quel candidat a votre préférence?

Léonard Bender: Copé et Fillon sont les deux meilleurs politiciens de l’opposition, le choix est donc cornélien. François Fillon bénéficie certes de son aura d’ex-Premier ministre, mais pour moi, Jean-François Copé, en tant que secrétaire général de l’UMP, est bien positionné pour le job. Il a montré qu’il savait mener un parti et il a fait ses preuves dans le débat politique. Des qualités requises pour que l’UMP s’oppose résolument et de manière frontale au pouvoir.

Olivier Meuwly: L’élection de François Fillon serait mieux pour l’UMP selon moi. Mais Jean-François Copé et lui devront collaborer pour montrer que les deux ailes du parti peuvent collaborer et cohabiter intellectuellement.

Créé: 16.11.2012, 08h36

Le Congrès

Les statuts de l'UMP prévoient l'organisation d'un «congrès» où les militants devront élire, pour trois ans, jusqu'à l'automne 2015, leur président ou plus exactement un triumvirat (président/vice-président délégué/secrétaire général).

QU'EST-CE QUE LE CONGRES DE L'UMP? Il ne s'agit pas d'un rassemblement mais d'une opération décentralisée dans les fédérations permettant aux militants de désigner leur équipe dirigeante. Peu après le scrutin, une réunion publique nationale de proclamation officielle des résultats pourrait être organisée. La campagne officielle s'est ouverte le 5 octobre et s'achève samedi.

QUAND ET COMMENT AURA LIEU LE VOTE? Vote dimanche 18 novembre de 9H00 à 18H00.- Élection par vote papier dans chaque fédération, avec au moins un bureau de vote par circonscription (environ 650 au total à travers la France).

QUI VOTE? Tous les adhérents qui ont payé leur cotisation UMP pour 2012 entre le 1er janvier et le 30 juin (264.137) auxquels s'ajoutent les adhérents de 2011 qui auront renouvelé leur carte d'ici à dimanche. Cela devrait représenter un corps électoral d'environ 300.000 personnes.

VOTE POUR LES COURANTS Le congrès est aussi l'occasion de concrétiser l'existence des «mouvements», une disposition prévue dans les statuts fondateurs de 2002 mais jamais appliquée jusqu'à présent.- Six de ces mouvements se sont qualifiés et soumettront donc leur motion au vote des militants. Ceux qui franchiront la barre des 10% des suffrages devraient bénéficier de moyens financiers proportionnels à leur score et peser dans les instances dirigeantes.- Les adhérents peuvent voter pour une motion ou préférer être simples adhérents à l'UMP.

VOTE POUR LA «CHARTE DES VALEURS» Les adhérents sont invités à émettre un troisième vote et à ratifier la nouvelle mouture de la «Charte des valeurs» du parti, dont la version actuelle date de la création de l'UMP en 2002. (afp)

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