Le refus de la vérité n’est pas une éthique

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Ainsi, le cinéaste Fernand Melgar a renoncé à un poste d’enseignant à temps partiel dans une école dite d’art. Ceci après avoir été vilipendé parce qu’il a filmé et dit que des dealers, en général noirs, pourrissaient la vie d’habitants de son quartier.

Fernand Melgar a raison. Et nombre de ses détracteurs n’ont pas et n’auront pour la plupart jamais son courage et sa détermination

Cette histoire est un reflet parfait d’une certaine ambiance bien-pensante dans laquelle nous baignons de plus en plus. Cela ne date pas d’hier mais se développe avec une surprenante facilité, je veux dire avec un manque de résistance assourdissant.

On avait déjà subi cette évolution avec les critiques à l’égard Israël, qui vous cataloguaient automatiquement comme antisémite, les réactions à l’islam politique, qui vous mettaient dans le sac des islamophobes, la volonté de débattre du droit d’adoption par des homosexuels, qui vous enclavait dans l’enceinte des homophobes, etc.

Nombre de partis politiques en sont responsables pour n’avoir pas débattu en leur sein de ces problèmes délicats de notre société. Il y a un tabou quasi général. Dit autrement et un peu caricaturalement, les seuls que l’on peut fustiger en se voyant applaudir ce sont les Blancs, hommes, hétérosexuels, et non handicapés. C’est bien connu, les Noirs, les juifs, les arabes, les homos et en général les femmes ne peuvent pas être racistes, oppresseurs ou délinquants. Ou alors, ils ont de bonnes raisons de l’être devenus.

Je me souviens de ceux que l’on nommait les zizous algériens, qui agressaient, parfois avec violence, des quidams dans des rues du quartier genevois des Pâquis. Il a finalement fallu que des commerçants du coin, en majorité d’origine étrangère et, pour certains, nés dans des pays arabes, organisent une forme de protection privée pour que les choses évoluent. Certains élus craignaient probablement l’opprobre de leur camp, qui aurait considéré une action comme discriminante pour ces pauvres délinquants d’origine étrangère.

Oui, nous avons le droit de défendre les droits des requérants d’asile, des sans papiers, des laissés-pour-compte de notre société d’opulence partielle et de dénoncer les attitudes déplaisantes, voire pires, de gens issus des milieux que nous défendons. Ceci pour le plus grand profit de ces mêmes milieux. Les pauvres ne sont pas tous gentils et/ou victimes.

Fernand Melgar a raison. Et nombre de ses détracteurs n’ont pas et n’auront pour la plupart jamais son courage et sa détermination. J’ai vu ses films. Magnifiques. Je l’ai vu lors d’un voyage culturel en Tunisie. Magnifique. Un vrai artiste. Un homme de cœur. Proche des gens. Et dire que ce sont ceux qui refusent la vérité de la réalité qui prétendent donner des leçons d’éthique. Navrant.

(TDG)

Créé: 11.06.2018, 13h59


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