Un référendum se précise contre le durcissement du service civil

SécuritéLe Conseil des États a pris sept mesures pour éviter que les militaires bifurquent vers le service civil. L’association Civiva est sur le pied de guerre.

L'UDC Guy Parmelin.

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Des milieux associatifs montent au front contre le durcissement de l’accès au service civil. Mercredi après-midi, quelques heures seulement après que le Conseil des États a approuvé une réforme en ce sens, ils ont confirmé la préparation d’un référendum si le Conseil national enfonce le clou. Civiva – la Fédération suisse du service civil mais aussi Pro Natura ou encore l’Armée du salut ont rappelé l’importance des civilistes dans la société suisse. D’après Samuel Steiner, coprésident de Civiva, les Verts, le Parti Socialiste, les Vert'libéraux ainsi que certains PDC les soutiennent dans leur démarche. Ils ont également déjà eu des contacts avec des jeunes PLR et UDC.

À moins d’un changement net de majorité cet automne, la question sera donc posée au peuple. Au Conseil des États mercredi matin, la gauche a ferraillé contre la réforme sans succès. «L'armée n'étant plus attractive, on veut rendre le service civil inattractif. C’est un peu comme si on disait au niveau touristique: la Suisse n’est plus assez attractive alors nous allons empêcher les citoyens d’aller en Autriche, en Italie ou en France», s’est exclamée Géraldine Savary (PS/VD), tout en rappelant au conseiller fédéral Parmelin que «mon canton, notre canton, estime d’ailleurs qu’il n’est pas nécessaire d’agir».

Mais l'UDC, ministre du Département de l’économie, est resté imperturbable. Il faut dire qu’il était encore à la Défense, en 2016, lorsque l’alarme rouge s’est enclenchée dans les bureaux de l’armée. Alors que l’état-major estime à 18 000 le nombre de recrues à instruire chaque année pour que l’armée puisse assurer ses missions, ce niveau n’a pas été atteint en 2015 (17561) et les chiffres 2018 ne seraient pas à la hauteur non plus, a laissé entendre Guy Parmelin mercredi.

Stopper l’érosion

Les raisons? L’armée – ses dortoirs et ses marches au pas – ne serait plus assez séduisante pour les jeunes de l’an 2000. Un groupe de travail a été mis sur pied pour y réfléchir. Mais le Conseil fédéral pointe aussi du doigt le service civil. Depuis 2008, les jeunes peuvent s’orienter dans cette voie sans devoir passer par un examen de conscience. Or les admissions au service civil ont bondi de 4670 en 2011 à 6785 en 2017, avant de retomber à 6205 en 2018.

Cela dérange l’UDC Guy Parmelin, qui rappelle: «Il n’y a pas de libre choix entre le service militaire et le service civil», le second étant un service de remplacement, uniquement en cas de problème de conscience.

D’où l’idée de prendre des mesures pour éviter de voir des jeunes délaisser l’uniforme gris-vert en cours de route, notamment les cadres. «Pendant les six premiers mois de l’année, un millier de militaires instruits et de cadres ont quitté la troupe au profit du service civil!» s’est alarmé Guy Parmelin. «Cela perturbe le fonctionnement de l’armée. Et les ressources investies dans l’instruction sont perdues.»

Deux mesures polémiques

Au final, le Conseil des États a adopté sept mesures pour mettre des embûches sur la route qui mène de l’armée au service civil. Deux cristallisent les oppositions. La première prévoit un délai d’attente. Autrement dit, celui qui a déjà été incorporé dans l’armée devrait patienter douze mois avant d'être libéré et de pouvoir changer de voie. Un temps qui doit permettre à l’armée de chercher des solutions afin de garder sa recrue. La deuxième mesure polémique concerne le temps de service: la personne qui voudrait bifurquer en cours de route devrait faire au moins cent cinquante jours de service civil, quel que soit le temps déjà passé dans l’armée. Civiva a averti mercredi: si le Conseil national maintient dans la réforme l’une de ces deux mesures, le référendum est assuré.

Créé: 11.09.2019, 16h30

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