Réchauffement: la Suisse fait mieux, mais pas assez

RapportL'impact environnemental de la Suisse par personne a diminué de 19% en 20 ans, selon une étude de l'OFEV publiée ce lundi. Mais il reste 3 fois supérieur à ce que la planète peut endurer.

Zurich en mars 2018. La Schwamendingen a dû fermer.

Zurich en mars 2018. La Schwamendingen a dû fermer. Image: Keystone

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Des progrès ont été réalisés sur le territoire suisse. En revanche, l'empreinte de la Suisse à l'étranger a continué de croître. Les trois quarts des impacts sont désormais générés hors des frontières. En raison de la hausse de la population helvétique ( 17%), l'empreinte totale a moins baissé en valeur absolue que par personne de 1996 à 2015 (–6% contre –19%), période considérée par l'Office fédéral de l'Environnement (OFEV).

En 2015, les émissions de gaz à effet de serre dues à la consommation s'élevaient à près de 14 tonnes d'équivalent CO2 par personne. C'est au-dessus de la moyenne européenne et largement au-delà de la limite planétaire supportable (0,6 tonne d'équivalent CO2, selon les estimations). Les rejets sont relativement stables par personne mais se sont accrus en valeur absolue ( 12%).

Mesures «insuffisantes»

La pression sur la biodiversité a augmenté de 14% par personne et dépasse, elle aussi, largement les limites planétaires. Tout comme c'est le cas pour l'empreinte hydrique par personne, qui a grimpé de 40%. Cette hausse découle notamment de l'importation depuis les Etats-Unis, l'Espagne, l'Inde, la Chine, l'Italie et le Pakistan de produits agricoles dont les cultures sont très gourmandes en eau.

«Les empreintes de la Suisse sont incompatibles avec les limites planétaires», auxquelles la Suisse se réfère dans sa Stratégie pour le développement durable et les mesures en faveur de l'économie verte, résume l'OFEV. L'office souligne que «les mesures mises en oeuvre à ce jour sont insuffisantes pour ramener notre impact environnemental à un niveau supportable pour la planète».

Recommandations

Les modes de production et de consommation dans les domaines du logement, de la mobilité et de l'alimentation ont le plus d'influence sur les ressources naturelles. La Stratégie énergétique 2050 contribuera à diminuer l'impact environnemental de la Suisse, selon l'OFEV. Une mise en œuvre cohérente permettrait d'accroître l'efficience dans le secteur du bâtiment et de remplacer les énergies fossiles par des énergies renouvelables.

Le rapport contient des recommandations à entreprendre au niveau individuel et des entreprises. Parmi elles, l'adoption d'un comportement «réfléchi» en matière de voyages, la réduction de la consommation de produits animaux ou encore la mise en place de technologies dites «propres» et efficientes dans les chaînes d'approvisionnement des firmes suisses à l'étranger.

La numérisation, le recours à des matériaux de construction novateurs ou la lutte contre le gaspillage alimentaire permettent aussi de baisser la consommation de ressources. «Il est indispensable que les consommateurs, les entreprises, les milieux économiques et les pouvoirs publics coopèrent pour opérer la transition vers un modèle de consommation et de production durables.»

Etude exhaustive

L'étude a examiné l'impact de la consommation suisse sur l'environnement en tenant compte du cycle de vie complet des biens et des services. Elle a pris en considération l'extraction des matières premières, la production industrielle en Suisse et à l'étranger, le transport jusqu'aux consommateurs ainsi que l'utilisation et l'élimination du produit.

Les données, issues des statistiques réalisées par différents offices fédéraux sur les émissions et l'utilisation des ressources, ont permis de calculer l'impact environnemental produit en Suisse pour chaque indicateur. À cela s'ajoute l'impact généré à l'étranger par la production des biens importés, déduction faite des biens et services exportés qui ne seront pas consommés en Suisse. (ats/nxp)

Créé: 10.09.2018, 16h18

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