Des psychotropes, oui, mais pas n’importe comment

SantéTrop de patients manquent de renseignements, selon Pro Mente Sana. Qui publie une brochure d’information.

Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Image: Laurent Guiraud

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Temesta, Stilnox, Imovane, Efexor, Haldol, Clopixol… Les Suisses prennent de nombreux psychotropes. Comment fonctionnent-ils et quels sont leurs effets secondaires? Selon l’association romande Pro Mente Sana, qui défend les intérêts des personnes souffrant d’un handicap ou d’une maladie psychique, les malades ne sont souvent pas assez informés. Pour remédier à ce problème et rappeler à chacun ses droits, elle vient de rééditer une brochure gratuite, avec l’aide de deux psychiatres des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Objectif prioritaire: permettre aux patients de participer aux décisions qui les concernent et définir le meilleur traitement possible.

Partenariat avec le patient

Selon l’Observatoire suisse de la santé (Obsan), le nombre de personnes traitées dans des cabinets psychiatriques est passé d’environ 283 000 en 2006 à 447 000 en 2015. Un sondage réalisé en 2012 révélait que 4,8% de la population suisse disait avoir pris des somnifères ou des tranquillisants tous les jours durant la semaine précédant l’enquête, et 3,7% des antidépresseurs. Ces proportions sont restées stables ces dernières années. Sont-elles trop élevées? «Nous ne nous opposons pas aux médicaments, répond Ariane Zinder, responsable du service de conseil psychosocial de Pro Mente Sana à Genève. Mais il faut pouvoir discuter de leurs avantages, de leurs inconvénients et de la durée du traitement. Des gens disent avoir de la peine à le faire avec leur docteur. Ou que celui-ci brandit le risque d’un internement ou de ne plus les voir s’ils ne suivent pas la prescription.»

Les pilules, qui sont efficaces, se révèlent un outil central dans les protocoles appliqués par les médecins, ajoute-t-elle. Mais d’autres solutions existent. Du moins dans certains cas. Par exemple, une thérapie peut être suffisante pour traiter une dépression légère ou moyenne. Jean-Michel Aubry, chef du Département de santé mentale et psychiatrie des HUG, a participé à l’élaboration de cette brochure. «Les informations que l’on trouve sur Internet peuvent être plus ou moins objectives, précise-t-il. Nous voulons éviter que ces médicaments ne soient prescrits trop facilement, comme cela peut se voir dans certains pays voisins. Il faut aussi établir un partenariat avec le patient pour qu’il adhère au traitement et éviter notamment qu’il ne prenne des substances non prescrites.»

Arrêt brusque dangereux

Peser le pour et le contre, puis décider en connaissance de cause. Cette adhésion est d’autant plus importante que les psychotropes sont souvent pris à long terme. Comme tous les traitements, ils peuvent avoir des effets indésirables et, une fois sur deux, la posologie n’est pas respectée. «Nous entendons souvent des gens qui refusent d’essayer un médicament. Ou qui veulent le stopper et le font seuls. Or, un arrêt brusque peut être dangereux. Un sevrage devrait être testé progressivement et, idéalement, avec le médecin traitant», complète Ariane Zinder, avant de préciser qu’il est souvent possible de changer de produit ou d’adapter les doses.

La brochure de Pro Mente Sana est également destinée aux proches des malades et aux professionnels (non médicaux) qui les suivent, comme les assistants sociaux. «Le médecin est le seul habilité à prescrire un traitement, mais le patient va en discuter avec ceux qui l’accompagnent», com mente Ariane Zinder. La première édition du fascicule date de 2008. Cer taines institutions avaient alors refusé de le diffuser. «Il y a eu une belle évolution puisque, cette fois, nous avons pu collaborer avec des médecins des hôpitaux», conclut la psychologue.

La brochure peut être commandée sur www.promentesana.org.

Pour d’autres informations: 0840 000 062. (TDG)

Créé: 13.08.2017, 10h16

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