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SuisseLa production de cannabis légal s'envole

Quelque 250 producteurs se sont déjà déclarés auprès des douanes, avec de fortes variations selon les cantons.

Le cannabis légal a désormais pignon sur rue, comme ici à Zurich.
Le cannabis légal a désormais pignon sur rue, comme ici à Zurich.
Keystone

Le marché du cannabis légal est en pleine expansion et les sociétés qui en produisent poussent comme des champignons. L'administration des douanes recense déjà quelque 250 producteurs, alors qu'elle n'en enregistrait que cinq au début de l'année.

Les règles concernant la culture du chanvre varient d'un canton à un autre et en fonction de la production, à l'intérieur ou à l'extérieur. Dans celui de St-Gall, les cultivateurs ont par exemple l'obligation de s'annoncer dès dix plants, alors qu'en Valais cette règle s'applique uniquement pour les agriculteurs au bénéfice de paiements directs.

Alors que le canton de St-Gall avait enregistré deux annonces en 2016, il en compte plus de 30 cette année (jusqu'en juillet). Mais peu de producteurs sont agriculteurs. Ce sont plutôt des personnes qui disposent d'un hangar et qui y font pousser de l'herbe, d'après l'Office cantonal de l'agriculture.

En Valais, le climat est «trop favorable» et les plantes auront tendance à contenir un taux de THC dépassant les normes légales, soit 1%, relève le Service de l'agriculture. En Ajoie, dans le Jura, trois sociétés se sont constituées entre le 27 et le 31 juillet pour se lancer dans la production de cannabis légal, d'après la Feuille officielle suisse du commerce. Selon le Quotidien Jurassien, une quatrième a vu le jour à Delémont.

Le CBD est également en vogue dans les médias. Le journal L'Ajoie en a fait une série d'été, relatant notamment l'histoire d'un couple qui a développé la marque Bio Konopia. Dans sa boutique de Porrentruy, il vend une gamme de produits à base de cannabis, du chocolat aux huiles pour le corps en passant par les tisanes ou sucettes.

Cinq hectares

Il faut en revanche se rendre outre-Sarine si l'on veut voir la plus grande culture légale de chanvre indoor de Suisse: dans le Weinland zurichois, l'entreprise «Bio Can» cultive du CBD sur cinq hectares. Son produit CPure est déjà vendu par 66 commerçants.

Depuis 2011, le cannabis peut être vendu en Suisse si son taux de THC (tétrahydrocannabinol) est inférieur à 1%. Parmi les marchandises à faible teneur en THC, ce sont surtout celles qui présentent un fort taux de CBD qui gagnent du terrain. Acronyme de cannabidiol, le CBD est une substance qui ne provoque pas d'effets psychoactifs, contrairement au THC. En résumé, elle ne «pète pas», mais procure une sensation relaxante.

Effet thérapeutique en question

Swiss Cannabis est convaincu des bienfaits de cette matière première. L'entreprise soleuroise, qui mise sur le «Swiss made», a ouvert en juillet sa 19e «cannathèque» à Buchs (SG), neuf mois après avoir inauguré la première à Berne.

Pour des raisons légales, elle ne peut cependant en vanter les vertus. D'après l'OFSP, il n'y a pas assez d'études pour pouvoir se prononcer sur l'effet thérapeutique du CBD. En Suisse, un patient doit obtenir une autorisation de l'OFSP pour se faire prescrire du chanvre. Pourtant, le CBD dispose de propriétés intéressantes et peut être utile dans le traitement d'infections, estime Manfred Fanhauser, pharmacien à Langnau (BE).

Il est autorisé à vendre des médicaments à base de cannabis et fait ainsi figure d'exception en Suisse. Mais selon lui, l'effet médicinal du CBD ne peut être comparé avec celui du THC.

Avec une teneur en THC plus élevée, le potentiel est beaucoup plus grand. Pour obtenir un médicament qui soit efficace, il faut du THC, ou du moins une combinaison de CBD et de THC, a expliqué M. Fanhauser sur les ondes d'une radio alémanique.

Médicaments très chers

Le pharmacien a traité, au cours des dix dernières années, 3000 patients avec des produits à base de cannabis. Dans 80% des cas, il s'agissait de traitements liés à des douleurs.

Les médecins sont également plus disposés à prescrire des produits à base de cannabis, a-t-il constaté. Mais les médicaments restent très chers (500 francs par mois), et l'assurance maladie de base n'est pas obligée de les rembourser.

La légalisation aurait un impact sur le prix, avance Manfred Fanhauser. Un avis que partage l'association «Legalize it», qui a déposé en avril une initiative populaire visant à légaliser le cannabis. A Genève, Zurich, Bâle et Berne, des études sont en cours en vue de légaliser la vente de cannabis en pharmacie.

(ats)

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