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Services secretsPour la presse, la neutralité de la Suisse a pris un coup

La révélation de l'interception par la CIA de milliers de documents via la firme zougoise Crypto met un coup à la crédibilité de la Suisse, estiment les médias.

Entretien avec Jan Atteslander, responsable des relations économiques extérieures d’Economiesuisse.

La CIA et les services de renseignement allemands (BND) ont intercepté des milliers de documents de plus de 100 pays via l'entreprise zougoise Crypto pendant des dizaines d'années. Pour la presse, cette révélation met un coup à la neutralité de la Suisse, à sa crédibilité et même à sa souveraineté. Pour y remédier, il faudra faire preuve de transparence.

«Ce que l’on soupçonnait au début des années 90 était donc vrai. La bonne Suisse, neutre, non alignée, hébergeait une quasi-agence des services de renseignements alliés. Il est fort probable que Crypto AG poursuivait deux types d’activités, certaines irréprochables et d’autres ultrasecrètes sur lesquelles la Suisse officielle a fermé les yeux, au nom d’une neutralité sous dépendance de l’OTAN», commentent «24 heures» et la «Tribune de Genève».

Selon la télévision SRF qui a révélé l'affaire en coopération avec la télévision publique allemande ZDF et le «Washington Post», des personnes clés du gouvernement étaient au courant, mais rien n'a été fait. «Que ce soit par incompétence, parce que l'on voulait couvrir les agents des services secrets étrangers ou même profiter de leurs découvertes, il faut maintenant mettre les choses au clair. C'est la seule solution pour se sortir de ce pétrin», estiment le «Tages-Anzeiger» et le «Bund».

Car «la crédibilité de la Suisse dans la guerre de l'information actuelle, se mesure avec les événements du passé», pose la «Neue Zürcher Zeitung». Et cette affaire sème le doute sur la sincérité des responsables de l'État et donc sur l'ordre libéral tout en pesant aussi sur l'économie du pays.

Appel à une enquête parlementaire

La Suisse va devoir faire preuve de transparence sur cette affaire car aucun État trompé ne lui fera sinon plus jamais confiance, soulignent le «Tages-Anzeiger» et le «Bund», qui relèvent par ailleurs que cette opération historique n'a été possible que grâce à la neutralité et à la bonne réputation de la Suisse, dont les États-Unis et l'Allemagne ont profité. Et de s'interroger: «qui achète des technologies sensibles là où un gouvernement tolère de telles machinations?»

Le Conseil fédéral, qui a ouvert une enquête, fait «preuve d'une transparence remarquable», souligne aussi la NZZ. Mais il faut aller plus loin, notent la plupart des quotidiens. Il faut que le Parlement lui-même lance une enquête, complètent les publications de CH-Media.

Quant à «24 heures», le journal vaudois, rappelle aussi que «le conflit qui oppose la firme chinoise Huawei à l’administration du président Trump porte précisément sur le soupçon que des puces embarquées indésirables seraient dissimulées dans les équipements «made in China».

ats

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