Le président Thaçi fier des Kosovars en Suisse

KosovoLe président du Kosovo se dit «fier et heureux» de l'intégration de ses compatriotes, dans un entretien publié jeudi.

Hashim Thaçi a été élu à la présidence du Kosovo en avril 2016.

Hashim Thaçi a été élu à la présidence du Kosovo en avril 2016. Image: AFP

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Le président du Kosovo Hashim Thaçi loue la Suisse jeudi dans une interview au quotidien Blick. Il qualifie les relations entre les deux pays d'«excellentes» et se dit fier et heureux que les gens qui se sont réfugiés en Suisse durant la guerre civile en ex-Yougoslavie, fassent désormais partie de la société helvétique.

La Suisse est une «terre d'opportunités», déclare M. Thaçi dans l'entretien au journal alémanique. Les Kosovars en Suisse devraient profiter au maximum de cette «chance».

Si à une époque les Kosovars n'étaient pas toujours très bien vus en Suisse, les temps ont bien changé, selon lui. «Nous sommes heureux que les Shaqiri, Behrami et Xhaka sont des héros en Suisse. Les Kosovars rendent désormais les Suisses fiers. Et cela me rend fier aussi», confie Hashim Thaçi.

Le chef de l'Etat kosovar connaît bien lui aussi la Suisse, de l'époque de la guerre au Kosovo, lorsqu'il y a vécu trois ans de 1998 à fin 2000. Il garde d'ailleurs de «merveilleux souvenirs des gens et du pays».

Ancien guérillero

Hashim Thaçi occupe les devants de la scène politique kosovare depuis près de deux décennies. Né le 24 avril 1968 dans le centre du Kosovo, berceau du séparatisme kosovar albanais, il a participé dès le début des années 1990 à un mouvement de «résistance passive» face aux autorités de Belgrade.

Persuadé que cette politique ne donnerait aucun résultat, il décida avec d'autres indépendantistes, de créer un mouvement de guérilla au milieu des années 1990.

Condamné par contumace à 22 ans de prison pour terrorisme par un tribunal serbe, il se réfugie en Suisse où il étudie l'histoire à Zurich. En 1997, il retourne au Kosovo et fonde avec d'autres leaders indépendantistes la guérilla l'Armée de libération nationale (UCK).

Pendant le conflit de 1998-99, M. Thaçi, alias «Le Serpent», devient «premier ministre» du «gouvernement provisoire» du Kosovo. Il apparaît sur la scène politique internationale en 1999 à la Conférence de paix de Rambouillet (France) où il s'affirme comme le chef des négociateurs kosovars albanais.

Un rapport Marty accablant

Reconverti en homme politique après le conflit, M. Thaçi devient premier ministre de 2008 à 2014, puis chef de la diplomatie en décembre 2014. Il a négocié avec ses anciens ennemis serbes et conclu en avril 2013, sous la houlette de l'Union européenne, un accord historique de «normalisation des relations» entre Pristina et Belgrade.

Sa popularité a atteint son pic lorsque le Kosovo a proclamé son indépendance en 2008. Mais un coup très fort a ensuite été porté à sa réputation, en 2010, quand un rapport du Conseil de l'Europe a mentionné son nom ainsi que ceux d'autres responsables kosovars, dans une affaire de trafic d'organes.

M. Thaçi a fermement réfuté ces accusations portant sur une période où il était chef de la guérilla (UCK). Selon le rapport de l'ancien conseiller aux Etats Dick Marty (PLR/TI), l'UCK avait organisé des camps de détention pour des Serbes et des personnes soupçonnées de collaboration avec Belgrade. Des prisonniers, pour la plupart des Serbes, y auraient été tués et leurs organes auraient été prélevés pour être vendus ensuite au marché noir. (ats/nxp)

Créé: 10.08.2017, 13h20

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