Les premiers bus low cost suisses cherchent encore leurs passagers

MobilitéEurobus a lancé dimanche ses cars longue distance. Les clients sont encore rares. Reportage dans un bus quasi vide.

Mardi, une poignée de voyageurs se prépare à monter à bord de l’Eurobus Zurich-Berne.

Mardi, une poignée de voyageurs se prépare à monter à bord de l’Eurobus Zurich-Berne. Image: G.S.

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«Prendre le train? Ça coûte tellement cher en Suisse!» Casquette vissée sur la tête, sac de voyage sur le dos, Rostislav Quisek guette l’arrivée du car Eurobus qui doit le mener à Berne. Il est 17 h 30 mardi, en gare routière de Zurich et le jeune Tchèque a déjà fait quatorze heures de trajet pour gagner la Suisse. Encore deux heures de voyage l’attendent. C’est près de deux fois plus que s’il avait pris le train, mais il n’a pas hésité une seconde à choisir l’option low-cost. Un billet CFF lui aurait coûté 51 francs. Il a payé son billet de bus Zurich-Berne 11 fr. 50, profitant en plus d’une réduction de 50% offerte pour le lancement du service.

Dimanche, Eurobus inaugurait trois lignes longue distance, reliant deux fois par jour et dans chaque direction Saint-Gall à l’aéroport de Genève, Coire à Sion et Zurich Aéroport à Lugano. En février dernier, l’Office fédéral des transports octroyait une concession pour leur exploitation à la société Domo Reisen – rachetée depuis par l’entreprise argovienne. C’est une première sur le marché suisse des transports publics. Une révolution tout en douceur. Eurobus ne livre pas de chiffres, mais convient qu’il reste une bonne marge de progression avant de remplir ses 800 sièges par jour. Une information toutefois: c’est sur le trajet Zurich-Berne que la société a enregistré le plus de réservations.

Ce mardi soir, ils sont cinq à attendre le car à destination de la capitale. Tous voyagent avec un budget serré. Venue d’Argentine, Clara Almaretti, 18 ans, fait un tour d’Europe. À ses côtés, un jeune Italien, tatouages aux bras, est en route pour Fribourg pour voir des connaissances. Accompagné d’un ami, Rostislav Quisek a fait le voyage d’Ostrava, en République tchèque pour assister à un concert, le lendemain. Il n’est pas pressé, explique-t-il. Si l’offre de bus low cost n’existait pas en Suisse, il aurait loué une voiture.

Le car fait son entrée après être parti de Coire. Les quelques passagers montent à bord d’un véhicule vide. Le logo d’Eurobus y est imprimé en grosses lettres rouges, à côté de celui, plus discret, de Flixbus. Le transporteur allemand a annoncé la semaine dernière une collaboration avec l’autocariste argovien, auquel il donne accès à son système de réservation: les passagers peuvent acheter leur place sur son site.

Le bus démarre. Beatriz Pisaro s’est assise à l’étage, tout à l’avant, pour observer la vue sur l’autoroute. Des voitures circulent en rangs serrés en pleine heure de pointe. Cette résidente bernoise revient de Milan où elle se rend régulièrement. Auparavant, elle prenait toujours le train, mais a décidé de changer ses habitudes malgré un trajet bien plus long. Pour tuer le temps, elle surfe sur Internet grâce au wi-fi gratuit mis à disposition. C’était un des atouts mis en avant pour vanter l’offre, il y a quelques mois.

Il n’y aura par contre pas de première classe ni d’hôtesse, comme annoncé. Les snacks et boissons? Il faudra attendre décembre et la mise en service de nouveaux bus équipés de distributeurs. Les six véhicules, qui ont coûté 3 millions de francs, seront accessibles aux chaises roulantes. Le modèle actuel, lui, n’est pas luxueux, mais simple et propre, remarque Clara Almaretti, alors qu’approche la gare routière de Neufeld, à une dizaine de minutes du centre-ville de Berne.

Arrivés à destination, nos touristes tchèques semblent un peu perplexes d’être ainsi débarqués en périphérie, sur un parking en bordure d’autoroute. Ils finiront par trouver à quelques mètres de là le tram qui les mènera à bon port, à temps pour leur concert.

Eurobus ne s’alarme pas

Directeur des lignes longue distance chez Eurobus, Roger Müri ne s’alarme pas de la faible fréquentation des premiers jours. Il attribue celle-ci à la nouveauté d’une offre encore peu connue. Après s’être concentrée sur le lancement du service, l’entreprise va tenter d’attirer l’attention du public par des campagnes publicitaires. Elle reste persuadée de l’attractivité de ses bus. Le public cible? «Des jeunes qui ont du temps, des personnes âgées qui ont du temps, et des touristes internationaux pour qui l’accès au train est trop coûteux car ils n’ont pas de demi-tarif.» (TDG)

Créé: 14.06.2018, 08h18

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