La Poste suscite la colère des syndicats

RestructurationLes représentants du personnel s'inquiètent pour les employés et pour les régions périphériques.

Image: PHILIPPE MAEDER -A

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La nouvelle a surpris tout le monde. La Poste a annoncé ce mercredi matin qu'elle allait poursuivre sa restructuration. D'ici 2020, le nombre d'offices traditionnels sera réduit à 800 ou 900, contre 1400 aujourd'hui. Le géant jaune compte fournir des solutions alternatives et selon ses estimations, le nombre de points d'accès devrait passer de 3700 à 4000. Il va notamment miser sur les agences, ces filiales chez un partenaire, partout où c'est possible.

1200 collaborateurs pourraient être concernés par un changement d'ici 2020. L'entreprise entend éviter les licenciements et justifie ces mesures par la baisse des chiffres d'affaires au guichet. Depuis l'an 2000, les volumes ont diminué de 63% pour les lettres, 42% pour les colis et 37% pour les versements, précise-t-elle.

Ces nouvelles suscitent la colère des syndicats. Sur la forme, tout d'abord. «Nous n'avons pas été informés, réagit Christian Capacoel, porte-parole de Syndicom. C'est un changement de paradigme qui met les partenaires sociaux devant le fait accompli.» René Fuerst, responsable poste et logistique chez Transfair, ajoute que les syndicats auraient dû être avertis un jour à l'avance.

Sur le fond, ensuite. «La stratégie d'externalisation se poursuit et s'accélère. La Poste continue d'utiliser des sous-traitants dont le personnel a de moins bonnes conditions de travail», commente Christian Capacoel. Selon le syndicaliste, les chiffres donnés pour justifier ces mesures sont «exagérés» car ils «n'incluent pas les volumes qui ont déjà été externalisés». Finalement, il craint une concurrence entre les régions et les cantons pour garder leurs services au détriment des autres.

René Fuerst se dit pour sa part «choqué» de cette nouvelle, «catastrophique pour les collaborateurs, les régions périphériques et le pays en général». Une agence, poursuit-il, ne garantit par exemple pas la confidentialité. «Cela va aussi réduire les places de travail et de formation dans les régions périphériques», prédit-il.

Plus concrètement, Transfair exige un plan social spécial. «Dire que le personnel ne sera pas touché, c'est la théorie. La réalité est différente», détaille René Fuerst. Le syndicat demande en outre d'offrir aux personnes touchées un nouvel emploi au sein de la poste et que les salaires ne baissent pas.

Le Syndicat autonome des postiers (SAP) rappelle pour sa part qu'en 2001, le peuple suisse pouvait encore compter sur 3500 offices répartis sur tout le territoire. «Même des bureaux bénéficiaires sont fermés, on ne peut plus parler de rentabilité, commente son président Olivier Cottagnoud. La direction ne réalise pas que dans les régions rurales, beaucoup de gens ont encore besoin de tels guichets. Ce sont des clients captifs et quand on ferme un office, ils doivent aller plus loin.»

Le SAP estime que le réseau postal n'intéresse plus la Poste. Même avec la création d'agences? «Il faut voir ce que c'est, réagit Olivier Cottagnoud. Il s'agit d'un coin self-service dans un magasin. On peut y poster une lettre ou un paquet, éventuellement effectuer un versement en Suisse. Mais il n’y a aucun conseil spécialisé de postier. Ce n’est pas un vrai office, mais une poste de brousse! La Poste semble considérer que dans les régions rurales, la clientèle n’a pas besoin de l’entier des services qu’on trouve en ville. Il n’y a pas deux catégories de besoin! »

Le SAP souligne qu'il avait annoncé cette vague de démantèlement lors de la campagne sur l'initiative Pro Service Public rejetée en juin dernier. Et déplore qu'aujourd'hui déjà, 800'000 habitants n'ont plus accès à un office de poste dans des limites raisonnables. Il appelle donc les cantons opposés au démantèlement, en particulier les cantons ruraux et alpins, à s'unir et à créer une Poste intercantonale, pour développer un réseau propre.

Créé: 26.10.2016, 13h06

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