Le pont Chauderon bloqué «pour le climat»

LausanneExtinction Rebellion, qui prône la désobéissance civile non-violente pour forcer les gouvernements à agir pour le climat, lance deux semaines d'action.

Près de 200 personnes étaient présentes sur le pont Chaudron.

Près de 200 personnes étaient présentes sur le pont Chaudron. Image: EBZ

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Près de 250 personnes ont bloqué le pont Chauderon, lundi matin, en y tenant «un petit-déj' de la révolte». Organisée par le mouvement international Extinction Rebellion, qui prône la désobéissance civile non-violente afin de forcer les gouvernements à agir pour préserver l'environnement, l'action lance «deux semaines de rébellion», qui vont voir ce genre d'événements se multiplier. En février, une petite poignée avait manifesté devant le Conseil communal de Lausanne pour rappeler aux élus l'urgence climatique. En mars, d'autres avaient bloqué le trafic avenue de Rhodanie quelques minutes en pleine heure de pointe. Une action qui rappelle celle du jour. «Il s'agit de bloquer le trafic pour bloquer l'économie et obliger l'Etat à enfin agir pour le climat», lance Grégoire Mottet, porte-parole du jour. «Depuis trente ans que l'urgence climatique est décrétée, on organise des marches, des manifestions, mais rien ne bouge. Alors, avec cette action disruptive, on passe un cran au-dessus.»

L'action devait débuter à 8h. Quelques minutes auparavant, une trentaine de personnes, visiblement bien organisées, se postent aux deux extrémités du pont. Drapeaux, pancartes, thermos et victuailles en mains, on se masse sur le trottoir. Avant de descendre sur la chaussée. «Les manifs c'est bien joli, mais à part de jolies images, ça n'apporte rien, alors nous voilà», explique Carla, venue de Fribourg pour l'occasion. Elle installe une grosse couverture sur la route, sort sa tresse et propose des tartines à une foule de plus en plus compacte.

A 8h05, des policiers sont déjà en train de fermer la circulation au trafic et dévient les véhicules qui veulent emprunter le pont. Les activistes ont gagné, leur action peut débuter. On compte déjà plus de 100 personnes. Nombreux sont ceux à s'être munis de grosses craies: l'urgence climatique est au centre des dessins et des slogans, qui essaiment sur le pont.

L'ambiance est bon enfant, on chante, on plaisante, certains jouent aux cartes à même la chaussée. Mais le comportement général n'en est pas moins déterminé. Dans la foule, on discute du fléau des particules fines, des pesticides et l'on fustige les autorités, qui continuent de construire des autoroutes et d'agrandir des aéroports. «Le gouvernement s'en fout, mais il devrait prendre garde à la colère qui gronde», avertit un activiste, qui ne craint pas d'aller encore plus loin. «Je n'ai pas peur que ça dégénère. En fait, j'attends que ça dégénère.» Le reste des intervenants rappellent toutefois que les actions resteront toujours non-violentes.

Policiers en nombre

Il est 8h25, trois fourgons de police se garent à l'entrée du pont. En sortent plus de vingt agents qui se dirigent vers la foule, qui compte désormais plus de 200 personnes. «Faites passer le mot d'ordre, dans 5 minutes, tout le monde est sur le trottoir», lance un agent à ses collègues. Peine perdue. Personne ou presque ne réagit aux injonctions. Les policiers, qui ne veulent pas mettre d'huile sur le feu, n'insistent pas et se placent à quelques mètres du «petit-déj'», qui bat son plein.

Au micro, les discours, plus ou moins inspirés, s'enchaînent. «Nous vivons la sixième extinction de masse, le nombre d'animaux sauvages diminue, les événements météorologiques extrêmes se multiplient et les famines dues à ces phénomènes nous guettent», interpelle une jeune fille, avant de rappeler les revendications du mouvement: «que le gouvernement dise la vérité sur le caractère mortel de notre situation, déclare l’état d’urgence pour le climat et la biodiversité. Que les émissions de gaz à effet de serre de tous les secteurs soient réduites à zéro d'ici 2025 et le dépassement écologique soit inversé par une mobilisation d'urgence massive.»

Peu avant 9h, comme prévu, un responsable enjoint la foule à libérer la chaussée. Tous s'exécutent sous le regard des agents de police. «Notre message est passé, le pont a été occupé. Mais nous reviendrons, des actions de ce type seront répétées, encore et encore. Jusqu'à ce qu'on nous écoute.»


La jeunesse se mobilise pour le climat: nos vidéos à revoir

L'acte I de la mob' pour le climat: 8000 élèves vaudois en grève pour le climat (18.01.2019)

L'acte II de la mob' pour le climat: Ces grands-parents qui luttent pour le climat aux côtés des jeunes (2.2.2019)

L’acte III de la mob’ pour le climat bat des records (15.03.2019)

L'acte IV de la mob' pour le climat (6.4.2019)

Créé: 15.04.2019, 11h05

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