«La réaction d'Erdogan est disproportionnée»

Suisse-TurquieLe président de la commission de politique extérieure du National, Roland Büchel s'exprime sur l'escalade entre Berne et Ankara.

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Le torchon brûle entre la Suisse et la Turquie. Au cœur de la polémique, la manifestation anti-Erdogan qui a eu lieu samedi en ville de Berne. Une pancarte sur laquelle on pouvait lire "Tuez Erdogan avec ses propres armes" a provoqué un tollé. L'ambassadeur de Suisse à Ankara a été convoqué, et le président Erdogan a vivement réagi. L'affaire rebondit ce lundi avec le lancement par la Turquie d'une procédure judiciaire. Dimanche, le ministère public de Berne-Miteland avait déjà lui aussi ouvert une enquête. Pas de quoi calmer les esprits à trois semaines d'une votation délicate, qui vise à étendre les pouvoirs du président turc. L'analyse de Roland Büchel (UDC/SG), président de la commission de politique extérieure du Conseil national.

Un président étranger qui critique la Suisse, les relations entre Berne et Ankara se sont-elles empirées à ce point?

Les relations se sont sans doute un peu tendues ces derniers temps, mais le président Erdogan ne nous a pas encore qualifiés de «nazis» comme il l’a fait à l’égard d’autres pays européens. Je pense donc que nos relations restent encore assez bonnes. Concernant la réaction de la Turquie, elle est évidemment disproportionnée. Cela fait partie du jeu à quelques semaines d’un vote crucial (A lire: Les Turcs de Suisse devront voter plus tôt . Le président Erdogan n’a pas la langue dans sa poche, et il a saisi cette occasion pour s’exprimer.

La Suisse doit-elle craindre des représailles?

Non, je ne crois pas. La Suisse doit continuer à faire ce qu’elle estime être juste. Elle ne doit pas agir en fonction des attaques verbales d’un président étranger. Pour moi, les choses sont claires, cette pancarte n’avait pas sa place en Suisse. Mais c’est à nous de régler ce problème. C’est notre droit qui doit juger cette affaire. Ce n’est pas à quelqu’un de le faire en Turquie.

La Suisse veut maintenir le dialogue avec Ankara et prône la liberté d’expression. Cette stratégie n’a-t-elle pas atteint ses limites?

La stratégie du Conseil fédéral reste la bonne. La Suisse ne doit pas couper les ponts avec la Turquie. Elle doit poursuivre la voie qu’elle a choisie, et faire comme si les réactions courroucées de la part d’Erdogan n’existaient pas.

Les autorités ont-elles fait preuve de naïveté en autorisant cette manifestation? Les manifestants qui ont posé problème n’appartenaient pas au cortège officiel, mais venaient de la Reitschule. Ce centre alternatif pose des problèmes depuis des années, et, selon moi, la ville de Berne manque de fermeté à l’égard de ces personnes. Une fois que les gens sont réunis sur la place Fédérale, il est certes difficile d’agir. Mais entre la Reitschule et la place Fédérale, il y a un près d'un kilomètre, les autorités avaient le temps d’intervenir. (TDG)

Créé: 27.03.2017, 13h56

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