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Ratifié, l’accord de Paris doit encore être concrétisé

La Suisse s’engage à appliquer le traité. Lors des débats au Conseil des Etats, Donald Trump en a pris pour son grade.

Après le Conseil national, Doris Leuthard a aussi réussi à convaincre le Conseil des Etats de ratifier l'accord de Paris sur le climat.
Après le Conseil national, Doris Leuthard a aussi réussi à convaincre le Conseil des Etats de ratifier l'accord de Paris sur le climat.
Keystone

Les USA partent, la Suisse reste. Une semaine après que le président américain ait déclenché un tollé international en annonçant son retrait de l’accord de Paris, le Conseil des Etats a donné le feu vert définitif au texte. La Suisse devient le 149e pays à ratifier le traité. Approuvé par la communauté internationale en décembre 2015, cet accord vise à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Il oblige les États signataires à déposer des objectifs de réduction des gaz à effet de serre. La Suisse s’est engagée à une diminution de 50% des émissions de CO2 d’ici à 2030.

Pugilat anti-Trump

Alors que certains UDC climatosceptiques s’étaient manifestés devant la Chambre du peuple, le débat aura été tout autre au Conseil des Etats. Il aura surtout viré au pugilat anti-Trump.

«Comme beaucoup, j’ai été choqué par la décision du président américain, a lancé Beat Vonlanthen (PDC/FR). Cet accord représente un défi pour l’humanité, c’est notre responsabilité pour les générations futures. Ne rien faire n’est pas une option.»

Raphaël Comte (PLR/NE) a repris une citation de Joseph Fouché pour exprimer son sentiment. «C’est pire qu’un crime, c’est une faute.» Pour le sénateur, cette décision a peut-être une seule vertu, celle de faire réagir les autres pays en agissant comme un aiguillon.

«Même si l’objectif est ambitieux et coûteux, il est nécessaire, a tonné Beat Rieder (PDC/VS). La Suisse est un des pays les plus exposés. La hausse des températures est deux fois plus rapide dans l’arc alpin.» Et Werner Luginbühl (PBD/BE), d’énumérer les conséquences du réchauffement. «Les glaciers fondent, le niveau de la mer augmente, les périodes de sécheresse sont plus fréquentes.»

La palme du tacle le plus sévère revient à Roberto Zanetti (PS/SO). «La protection de l’environnement et du climat était une question de morale politique. Aujourd’hui, c’est devenu une question d’intelligence politique. En ce sens, je ne suis pas surpris par la décision de Donald Trump.»

Loi sur le CO2

Craignant de pénaliser l’économie par de nouvelles taxes, une minorité s’est exprimée pour des objectifs moins ambitieux de 30% de réduction des émissions. «En commission, j’avais exprimé des doutes sur la réelle volonté des grands pays à respecter l’accord, a souligné Werner Hösli (UDC/GL). Donald Trump semble bien connaître le fonctionnement de nos institutions pour avoir pris sa décision juste avant ce débat.»

Dans la même veine, Roland Eberle (UDC/TG) a mis ses collègues face à la réalité. «C’est un débat déclamatoire que j’entends. Il faudra passer de la parole aux actes. Je me demande comment se comporteront ceux qui soutiennent cet accord lorsqu’il sera question d’imposer de nouvelles taxes aux entreprises.»

L’accord de Paris ne signe pas la fin de la partie. La deuxième mi-temps se jouera autour de la loi sur le CO2. Pour atteindre les objectifs de Paris, Doris Leuthard présentera une révision à la fin de l’année. La taxe CO2 devrait augmenter jusqu’à 240 francs par tonne. Les exigences pour les véhicules devraient être renforcées. Les combustibles fossiles pourraient même être bannis des bâtiments si nécessaire.

La bataille s’annonce rude entre les milieux économiques allergiques à toutes hausses et les organisations de défense de l’environnement. Selon le WWF, la proposition du Conseil fédéral est insuffisante. La Suisse doit au minimum doubler ses objectifs. «Seul le but de réduire à zéro les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050 permettra de réaliser l’ambition de protéger efficacement la population du réchauffement», ajoute Greenpeace.

La Suisse a toutefois accompli un premier pas avec la Stratégie énergétique acceptée par le peuple le 21 mai. «Le projet contient quelques premières mesures en faveur du climat», reconnaît Adèle Thorens (Verts/VD). Et de citer le renforcement du programme d’assainissement énergétique des bâtiments ou la reprise des prescriptions européennes pour les émissions moyennes de CO2 pour les nouveaux véhicules. "Cette première étape certes modeste devra évidemment être complétée via la révision de la loi sur le CO2."

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