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La lutte contre Freysinger donne lieu à une guerre tactique

Le second tour de l’élection du Conseil d’Etat, fixé au 19 mars, affole les partis et les réseaux sociaux.

Christophe Darbellay et Oskar Freysinger
Christophe Darbellay et Oskar Freysinger
Keystone

Le sprint final est intense. Les Valaisans éliront leur gouvernement le 19 mars. Beaucoup voteront dans quelques jours déjà, puisque les bulletins de vote leur parviendront mardi, au plus tard. Pas facile, pour les sept candidats encore en lice, de faire valoir un programme et des idées. «La campagne dure moins de deux semaines et le vote par correspondance la raccourcit encore», déplore René Constantin, président du PLR. L’hostilité ambiante n’arrange rien: une affiche anonyme attaquant le démocrate-chrétien Christophe Darbellay et sa famille fait scandale (lire ci-dessous). Le trio PDC arrivé largement en tête au premier tour – Christophe Darbellay, Jacques Melly, Roberto Schmidt – n’a guère de souci à se faire. Placée en 4e position, la conseillère d’Etat sortante Esther Waeber-Kalbermatten (PS) est aussi donnée gagnante par la majorité des observateurs. Le 5e fauteuil, en revanche, donne lieu à une empoignade féroce entre le socialiste Stéphane Rossini, le libéral-radical Frédéric Favre et le ministre UDC sortant Oskar Freysinger, 6e seulement dimanche dernier. Ce n’est pas un hasard si la RTS a choisi de les opposer lors d’un débat radiophonique prévu mardi, alors que ceux organisés par les médias valaisans réuniront les sept candidats.

Sur les réseaux sociaux, les tractations se poursuivent. Le mouvement citoyen «Coupons-lui la voie», créé cet hiver pour barrer la route à Oskar Freysinger, remet la compresse: il exhorte les électeurs à voter pour «ses trois concurrents les plus directs», à savoir les deux socialistes et le libéral-radical, puis à ajouter les noms de deux PDC. Tout en précisant que Favre et Rossini ne pourront pas être élus tous les deux, puisqu’ils vivent dans le même district et que cette configuration est exclue par la Constitution valaisanne. Pour les instigateurs de «Coupons-lui la voie», c’est le meilleur moyen d’éviter une dispersion des voix, d’écarter le ministre UDC et de «ramener ainsi la sérénité au sein du Conseil d’Etat».

«Je ne suis pas chef de clan, esquive-t-il. Les gens feront leur choix»

A droite, beaucoup redoutent qu’une telle tactique aboutisse à un gouvernement de centre gauche, avec deux élus PS aux côtés du chrétien-social Roberto Schmidt. Un «Appel du 19 mars», lancé sur Facebook et signé par plus de 1000 personnes depuis lundi, plaide pour la formule 3 PDC - 1 PS - 1 PLR. Soit la composition souhaitée par les libéraux-radicaux, exclus du Conseil d’Etat depuis 2013. A la manœuvre, on retrouve d’ailleurs le conseiller national Philippe Nantermod, qui dit avoir agi de concert avec plusieurs démocrates-chrétiens. «Il faut un gouvernement représentatif des forces politiques, équilibré et apaisé», explique-t-il.

Pour que ce scénario se concrétise, le néophyte Frédéric Favre devra combler un retard de 10 000 voix sur Stéphane Rossini, classé 5e dimanche passé. Le PLR veut y croire. Quant à Christophe Darbellay, le grand vainqueur du premier tour, il qualifie Favre de «jeune talent» mais loue aussi la «grande intelligence» de Rossini. Qui l’électorat PDC soutiendra-t-il? «Je ne suis pas chef de clan, esquive-t-il. Les gens feront leur choix.»

L’UDC au front

Seule certitude à ce stade: Freysinger est devenu l’homme à abattre. «Tout semble bon pour l’éliminer», s’énerve le coprésident de l’UDC du Valais romand, Jérôme Desmeules. Mais son camp n’a pas dit son dernier mot. Il compte sur les débats à venir pour mettre en exergue le bilan du conseiller d’Etat et ses propositions. «En face, les autres partis n’ont pas présenté un seul élément de programme. Ils se contentent de nous dénigrer.»

Déçu de son score au premier tour, Oskar Freysinger se bat comme un beau diable. Il tente notamment de séduire l’électorat germanophone, en insistant sur ses racines haut-valaisannes. Au micro de Canal 9, il a prévenu les Valaisans qu’ils devraient lui payer une rente à vie en cas de non-réélection. Une gaffe? «C’est la réalité de la loi, dit Jérôme Desmeules. On risque malheureusement de mettre à la retraite un ministre dans la force de l’âge qui a prouvé ses compétences.»

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