Viola Amherd nommera-t-elle une femme à la tête de l’armée?

SuisseLa succession de Philippe Rebord a commencé. Vu sa sensibilité, la ministre pourrait choisir une cheffe.

Viola Amherd, ministre de la Défense, a informé le Conseil fédéral de la mise sur pied d’une commission de sélection pour trouver un successeur à Philippe Rebord.

Viola Amherd, ministre de la Défense, a informé le Conseil fédéral de la mise sur pied d’une commission de sélection pour trouver un successeur à Philippe Rebord. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Déterminée à promouvoir la place des femmes à l’armée, Viola Amherd osera-t-elle aller jusqu’à nommer une femme à la tête de la grande muette? La place est libre depuis que Philippe Rebord a annoncé sa démission, jeudi. La ministre de la Défense a informé le Conseil fédéral de la mise sur pied d’une commission de sélection pour trouver un successeur. Le profil du candidat idéal sera défini ensuite. «Les critères ne seront pas politiques, mais factuels», a précisé la démocrate-chrétienne. Et pour le moment, aucun candidat ne sort du lot.

Si la question femme se pose, c’est non seulement en raison du discours très féministe que Viola Amherd a tenu depuis son entrée en fonction, affirmant notamment qu’elle était prête à nommer des femmes à des postes à responsabilité au sein de l’armée; mais aussi parce qu’il y a une candidate potentielle, en la personne de Madame la brigadière Germaine J.F. Seewer.

Une enfant de Loèche

Cette femme de 55 ans a un CV à faire pâlir d’envie beaucoup de militaires. Doctorante en chimie de formation, elle a été officier d’état-major auprès de la Swisscoy au Kosovo et observatrice militaire en Éthiopie et en Érythrée. Capitaine à l’âge de 35 ans, elle a ensuite gravi les échelons jusqu’à obtenir – une première pour une Suissesse – le grade de brigadière en 2013, en tant que cheffe du personnel de l’armée. Depuis l’an dernier, elle dirige la brigade d’aide au commandement. Elle est notamment responsable de l’instruction et du perfectionnement de ses états-majors et de ses troupes. Last but not least, elle est née et a grandi à Loèche. C’est donc une Haut-Valaisanne, comme Viola Amherd.

«Nommer une femme à l’armée serait un signal très fort», réagit la sénatrice Géraldine Savary (PS/VD). Pour la conseillère nationale, Lisa Mazzone (Verts/GE), ce serait carrément «une révolution pour l’institution». Mais elle avoue ne pas connaître Germaine J.F. Seewer. La Haut-Valaisanne ne fait pas non plus partie du carnet d’adresses du sénateur Peter Hegglin (PDC/ZG). «C’est donc difficile pour moi de la juger. Mais si elle est qualifiée, pourquoi pas. Il faut surtout qu’elle soit tournée vers les défis de l’avenir et pense aux risques de conflits qui pourraient surgir d’ici 10 ou 20 ans. Une femme ou un homme, c’est égal en somme, pour autant que ce soit quelqu’un de visionnaire.»

Un civil peut postuler

Même au sein de la très traditionnelle UDC, on est prêt à entrer en matière. «Je ne me prononce pas sur des noms de candidats, répond Werner Salzmann (UDC/BE), président de la commission de politique de sécurité du National. Mais les compétences doivent l’emporter sur le sexe. Y aura-t-il la première cheffe de l’armée de l’histoire suisse, après que Viola Amherd soit devenue la première conseillère fédérale en charge de la Défense, c’est à la commission de sélection de décider.»

Olivier Français (PLR/VD), lui, connaît bien Germaine J.F. Seewer. «Je la côtoie dans le cadre de la Patrouille des Glaciers. Elle est compétente, multilingue, elle peut se porter candidate, mais je ne suis pas sûr que son profil soit celui qui colle le plus à cette fonction, puisqu’elle est avant tout dans la conduite administrative.» Ce que regrette surtout le sénateur, c’est le déficit quantitatif des brigadiers qui pourraient postuler. Un vrai problème pour la succession de Philippe Rebord.

Mais pour Viola Amherd, il n’y a pas de grade requis pour devenir chef de l’armée. «Même un civil pourrait théoriquement occuper le poste.» Ou une femme.

Créé: 04.04.2019, 18h40

Articles en relation

Le chef de l'armée a été gravement malade

Suisse Philippe Rebord a dû suivre plusieurs semaines de traitement médical après un long vol en avion. Il aurait fait une thrombose veineuse profonde. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.