Le PDC s'oppose aux enfants voilés à l'école

FondamentalismeLe PDC a dévoilé ses positions contre le fondamentalisme musulman. Il se prononce contre la charia et des régimes spéciaux

Gerhard Pfister: «Ce n’est pas mon papier de position 
car je n’ai pas participé aux discussions.»

Gerhard Pfister: «Ce n’est pas mon papier de position car je n’ai pas participé aux discussions.» Image: ANTHONY ANEX/Keystone

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«Les événements à Strasbourg mardi nous confirment qu’il y a un problème avec le fondamentalisme musulman», estime le président du PDC, Gerhard Pfister, qui a présenté mercredi matin au Palais fédéral le résultat de deux ans de réflexion de son parti sur la question. «C’est une discussion difficile mais nous l’avons menée avec sérieux et mesure.» Le président, qui appartient à l’aile droite conservatrice du parti, insiste pour lever d’emblée toute ambiguïté. «Ce n’est pas mon papier de position car je n’ai pas participé aux discussions. Mais je suis fier de lancer ce débat nécessaire.»

Qu’en est-il de ces résultats qui vont donner lieu à des motions et postulats au parlement lors des prochaines sessions? Voici quelques points des lignes directrices PDC sur «État de droit et fondamentalisme».

L’État de droit comme socle de la société

Le PDC pose d’emblée l’État de droit comme socle intangible pour le «vivre-ensemble» dans la société suisse. Or il constate que le fondamentalisme religieux, et notamment l’utilisation de l’islam à des fins politiques, remet en cause le droit et les valeurs fondamentales. Le PDC prône la tolérance zéro contre les actes violents. Mais pas seulement. Il constate aussi une nécessité d’intégration: «Au travers de la migration et de l’afflux de réfugiés, il y a de plus en plus de personnes qui séjournent dans notre pays pour lesquelles les droits fondamentaux (liberté et égalité) ne sont pas toujours familiers.» Jean-François Emmenegger estime cette intégration possible car la notion de «bien commun» est aussi ancrée dans le Coran.

Mariages de mineurs inacceptables

«Les droits religieux ne peuvent être placés au-dessus de notre État de droit», martèle la conseillère nationale Ida Glanzmann-Hunkeler. Il est hors de question d’accepter le communautarisme ou de tolérer la charia.» Elle s’oppose fermement aux mariages forcés des mineurs opérés à l’étranger pendant les vacances. Le PDC note qu’ils «augmentent de manière inquiétante».

Pas de voile à l’école jusqu’à 16 ans

Le PDC est majoritairement pour une interdiction de la burqa. Selon lui, le visage doit être visible dans l’espace public, «tant pour des raisons sociétales que pour des raisons de politiques de sécurité et d’intégration». Quid du voile? Le PDC n’y voit pas de problème dans la rue ou à la maison. En revanche, il s’oppose majoritairement au port du voile à l’école pour les filles jusqu’à 16 ans. «L’État doit protéger le droit individuel des enfants», estime la conseillère nationale Marianne Binder-Keller. Mais le PDC accepte que des cantons puissent agir autrement, à l’instar de Genève qui autorise le port du voile aux élèves. Concernant les filles musulmanes, le PDC n’accepte pas qu’elles soient dispensées de cours de natation, suivant ainsi une décision du Tribunal fédéral.

Respect des coutumes suisses

«Nous attendons qu’on respecte nos coutumes», explique Ida Glanz­mann. Elle rappelle que la Suisse est un pays de tradition judéo-chrétienne. Pas question donc de décrocher les crucifix dans les classes ou d’occulter la fête de Noël. Et dans les cantines scolaires, pas question non plus de s’obliger à servir de la viande halal. La conseillère nationale estime que l’adaptation doit se faire dans l’autre sens.

Et l’égalité homme-femme dans l’Église catholique?

Le PDC ne supporte pas que les filles soient mises sous tutelle de leurs frères et que l’égalité entre sexes ne soit pas respectée chez certains musulmans. N’y a-t-il pas un paradoxe quand on sait que l’Église catholique n’autorise pas l’ordination de femmes? «Le plus important, c’est que la séparation de l’Église et de l’État soit une réalité et que les femmes aient les mêmes droits», déclare Marianne Binder. «L’Église catholique, comme tout club privé, peut ensuite décider de ne pas accepter les femmes dans sa hiérarchie. Ce que je regrette évidemment, et j’invite les femmes à s’y opposer.»

Créé: 12.12.2018, 22h10

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