La police a cherché Alessia et Livia dans un camp rom

SardaigneS'appuyant sur le témoignage d'un détenu, la police antimafia a fouillé mercredi un camp de Roms en Sardaigne à la recherche des jumelles. La police vaudoise n'a pas été avisée de cette procédure.

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Mercredi matin à l'aube, une descente de police est survenue dans un camp rom entre Nuoro et Oristano, en Sardaigne, révèle L'Unione Sarda. Mais elle n'avait rien d'habituel: la police antimafia ne procédait pas à un contrôle routinier à la recherche de butins issus de petits larcins.

Non, après plusieurs heures d'observation du camp à l'aide de téléobjectifs, «jour et nuit», note le journal local qui consacre deux pages pleines à l'histoire, les gendarmes ont donné l'assaut sur le camp, dans l'espoir de retrouver les deux jumelles suisses Alessia et Livia, disparues en janvier 2011, peu avant que leur père ne se donne la mort.

Des propos fiables

C'est le témoignage d'un avocat de Cagliari qui a mis la puce à l'oreille des carabinieri, en rapportant ce que lui avait confié son client, un détenu qui aurait côtoyé en prison des personnes issues de la minorité rom. Les propos de l'homme de loi sont jugés dignes de confiance, ils ne sont pas tenus par «un délinquant à la petite semaine», estime le journal, mais par une personne tout ce qu''il y a de «plus fiable».

L'avocat a raconté de manière «très précise» où, selon son client, pourraient être les jumelles: en juin dernier, les fillettes étaient, selon ce détenu, «en mains d'une famille rom», prises en charge dans un camp entre Oristano et Nuoro. Mais la descente de la police dans ce campement n'a rien donné.

Ancien témoignage concordant?

Les enquêteurs vaudois n'ont pas été avisés de cette procédure par leurs confrères italiens. «Nous n'avons pas été informés, mais il est rassurant de voir que toutes les pistes, même peu crédibles, sont vérifiées», explique Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police vaudoise. «Nous avons encore régulièrement des informations concernant cette affaire et chaque élément fait l'objet d'investigations. A ce jour, aucun élément tangible ne nous permet de savoir si les deux petites sont en vie».

Néanmoins, un premier témoignage avait mis en cause un couple de «nomades», rappelle le journal. Il y a deux ans, un gérant de bar avait assuré à la police que deux fillettes très blondes, qui auraient pu être Alessia et Livia, jouaient sur la plage à côté d'un couple rom. Mais ces personnes s'étaient volatilisées une fois la police arrivée sur place.

«A présent, à la lumière des propos de cet avocat de Cagliari à la police antimafia, même cet ancien témoignage pourrait remonter à la surface», analyse L'Unione Sarda. Toujours est-il que la Direction antimafia a désormais rouvert l'enquête.

Créé: 26.09.2013, 11h14

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