Pionnière de l’autopartage, Mobility roule sur l’avenir

Demain La SuisseLa coopérative veut devenir le premier prestataire national de services de mobilité individuelle. Et prendre sa place sur le marché de la future voiture autonome.

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A quoi ressemblera la mobilité en Suisse dans vingt ans? «Bien malin qui peut le dire, sourit Patrick Marti, directeur de Mobility Carsharing, à Lucerne. Sans doute évoluera-t-elle aussi dans les airs, si les projets en cours à Dubaï se concrétisent, via des taxis robotisés volants. La mobilité pourrait aussi se développer sous terre.»

Dans ce contexte des transports en pleine mutation, la coopérative suisse d’autopartage née en 1997, la seule du genre dans le pays à rester dans les chiffres noirs, s’active pour se placer sur le marché de la voiture autonome annoncée dans les cinq ans à venir (lire l'encadré). «Ces véhicules auront un impact important sur les villes et la mobilité multimodale», explique Patrick Marti. Le Forum international du transport de l’OCDE voit d’ailleurs l’avenir de la mobilité urbaine dans une combinaison de véhicules autonomes et de transports partagés, ce qui pourrait diviser par dix le parc automobile urbain.

A l’aube d’une révolution

Selon les projections, l’arrivée de ces automobiles connectées, pour lesquelles le Conseil fédéral envisage de réserver l’accès aux autoroutes à l’horizon 2040, réduira d’emblée de 30% les distances parcourues en voitures privées, de 7% celles effectuées en transports publics, alors que les futurs taxis robotisés (terrestres) hériteraient de la moitié des kilomètres effectués actuellement dans le pays.

«Les véhicules autonomes présentent un grand potentiel dans le cadre d’un futur regroupement des transports d’intérêt public, ajoute Patrick Marti. Ils pourront offrir une alternative plus avantageuse aux services ferroviaires ayant un faible taux d’utilisation, en tant que moyen de locomotion pour le premier et le dernier kilomètre, ou comme élément d’une flotte partagée en agglomération.» Patron des CFF, Andreas Meyer est de cet avis, estimant, lui, que la voiture autonome divisera les coûts du transport par deux.

Des formes diverses de transport partagé

Dans l’intervalle, et sur un créneau où la concurrence se montre de plus en plus féroce, Mobility a l’ambition de devenir le principal prestataire national de services de mobilité individuelle, en promouvant les formes les plus diverses de transport partagé. La société entend renforcer son offre Mobility classique d’autopartage en boucle (les voitures rouges), liée à une seule place de parc, qui s’avère être un élément important de la mobilité combinée, au départ des gares notamment.

En progression constante, cette offre séduit de plus en plus de jeunes et d’entreprises. En 2016, ses 131 700 clients ont pu disposer de 2950 véhicules (+50 par rapport à 2015) sur 15'500 emplacements en Suisse (+40). Ce qui a permis, selon Mobility, de faire l’économie de 31'000 voitures privées sur les routes suisses, de 46 500 places de parc et de 9,5 millions de litres de carburant. Dans cette même optique de durabilité, l’entreprise veut porter sa flotte de véhicules électriques de 35 à 130 véhicules en 2020.

Mais Mobility entend surtout développer l’autopartage sans places de parc attitrées dans les villes, vu que la moitié des automobilistes suisses utilisent leur voiture privée pour des trajets inférieurs à cinq kilomètres.

Après Bâle, l’offre «Catch a Car» (voitures blanches) a été lancée en novembre à Genève. Elle permet de localiser en temps réel une des 100 voitures en libre-service, de se rendre d’un point A à un point B et de laisser le véhicule sur n’importe quelle place de parking public à Genève au terme du trajet. Selon l’EPFZ, l’expérience bâloise démontre qu’une «Catch-Car» remplace quatre voitures privées. Car les utilisateurs de ces voitures blanches utilisent davantage les transports publics, mais renoncent aussi souvent à posséder une voiture privée. Une même offre à l’échelle interurbaine est actuellement en phase de test.

«Nous devons convaincre les Suisses, qui ne semblent pas prêts à mettre leur voiture à disposition»

Mobility s’est en outre lancée dans l’autopartage entre particulier, en prenant une participation minoritaire dans Sharoo SA, dont les utilisateurs louent ou mettent en location leur voiture privée. Une offre qui peine à démarrer: «Nous devons convaincre les Suisses, qui ne semblent pas prêts à mettre leur voiture à disposition, analyse Patrick Marti. Celle-ci ne devrait d’ailleurs pas disparaître à l’avenir, même si elle reste, selon les statistiques, 23 heures sur 24 au garage.»

Ce qui a incité Mobility à lancer sa propre plate-forme de covoiturage en ligne. «Le taux d’occupation moyen d’une voiture pendulaire est de 1,2 personne, relève Patrick Marti. Pourquoi voyager seul lorsque l’on fait le même trajet que d’autres personnes? Cela aussi changera durant les deux prochaines décennies.»

Créé: 16.08.2017, 07h18

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Des navettes autonomes à Zoug

En collaboration avec les CFF, les transports publics ZVB, la Ville et le Pôle technologique de Zoug, Mobility Carsharing veut intégrer deux navettes autonomes au système de mobilité zougois existant. Ce qui constituerait une première en Suisse.

La coopérative d’autopartage a mené des négociations avec plusieurs constructeurs et il était prévu de démarrer les tests cet été avec Olli, la navette d’un fabricant berlinois.

«Nous nous heurtons à des retards dans le plan de livraison et de développement du constructeur, confie Patrick Marti. Notre défi est que le véhicule puisse se déplacer de manière impeccable dans le trafic habituel. Nous envisageons donc de démarrer d’abord avec un véhicule de l’un des autres constructeurs et de ne mettre en route un «Olli» qu’en 2018 éventuellement. Une décision sera prise au cours des semaines prochaines.»

Du point de vue de la mobilité combinée, ce projet dépasse largement les essais effectués jusqu’ici. Le projet prévoit d’accroître progressivement la complexité du tracé et de l’offre. Pour ce faire, les partenaires partagent leur savoir-faire: les CFF disposent d’une solide expérience de l’intégration de nouvelles offres de transport à leurs applications mobiles.

Et Mobility est spécialiste des technologies de partage de véhicules ainsi que des offres d’autopartage stationnaire et en free floating (en libre-service intégral).

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