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SuisseLa pharma arrose toujours plus les médecins

L'industrie pharma a augmenté de 10% sur un an à 153 millions de francs les montants qu'elle verse aux médecins et autres professionnels de la santé.

Le soutien de l'industrie pharmaceutique aux professionnels de la santé a sensiblement augmenté sur un an.
Le soutien de l'industrie pharmaceutique aux professionnels de la santé a sensiblement augmenté sur un an.
Keystone

Les professionnels de la santé font l'objet d'une attention toute particulière de la part de l'industrie pharmaceutique en Suisse, qui sait se montrer généreuse à leur égard. Rien qu'en 2016, ils ont reçu 153 millions de francs sous forme d'honoraires, de nuitées, de cours ou de défraiements, comme l'explique la Luzerner Zeitung dans son édition du 3 août 2017.

Ces chiffres sont disponibles sur le site de la branche ScienceIndustries dans un souci de transparence. Ils révèlent que les médecins ont reçu 14 millions, les organisations de la santé un peu plus de 90 millions et la Recherche et le Développement (R&D) près de 49 millions.

Transparence à géométrie variable

C'est la deuxième fois que ces chiffres sont publiés et ils montrent une augmentation de 10% sur un an. Cet effort de visibilité varie selon les entreprises. Si Roche et Novartis versent respectivement 95 et 76% de leurs dons à des médecins et la totalité à des organisations, le groupe allemand Bayer explique ne destiner que la moitié de ses versement à des médecins.

Cette volonté de transparence est relativement nouvelle en Suisse, où près de 50 entreprises ont convenu en 2013 d'un codex de coopération. Mais elle est limitée car les récipiendaires doivent donner leur accord. Une analyse des dix principaux groupes pharmaceutiques en Suisse montre qu'un tiers des médecins qui reçoivent de l'argent ou des prestations ne veulent pas que cela se sache. Un peu plus de 15% des associations ne veulent pas non plus voir divulguer cette information.

«Pas conscience du problème»

En outre, chaque entreprise publie séparément ses dons. «Si on veut savoir quel docteur reçoit de l'argent ou des prestations comme des médicaments de la part des compagnies pharmaceutiques, il faut aller chercher dans les 50 entreprises», regrette Margrit Kessler, la présidente de l'Organisation Suisse des Patients (OSP).

Pour Heinz Locher, économiste dans la santé, cette limitation de la transparence est caractéristique. «La plupart des acteurs dans le secteur de la santé n'ont pas conscience du problème.» La pratique des paiements est un sujet sensible parmi les médecins car elle remet en question leur indépendance. «On peut en effet se demander si un docteur se montrera critique envers un médicament, dont l'entreprise lui aura fait parvenir des dons.»

Problème d'indépendance

Pour Margrit Kessler, ces versements ne se justifient «qu'en cas de prestation». En outre, un médecin ne devrait jamais être dépendant d'une seule entreprise. «Sinon, il existe le risque de voir un médecin prescrire un médicament pas parce qu'il est bon pour le patient mais parce que c'est le produit de la compagnie avec laquelle il travaille.»

Pour la Fédération des médecins suisses (FMH), cette collaboration est «dans l'intérêt d'un bon système de santé». Des lignes directrices, comme celles édictées par les Académies Suisses des Sciences (ASSM) conjointement avec la FMH, doivent servir à protéger l'indépendance des médecins. Il y est notamment écrit que les honoraires de conférences doivent être limités et reversés à hauteur d'un tiers pour la formation continue.

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