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«La peur du coronavirus est largement exagérée»

L’historien de la médecine Bernardino Fantini analyse l’anxiété grandissante suscitée par la propagation du virus.

Bernardino Fantini, professeur honoraire à l’UNIGE.
Bernardino Fantini, professeur honoraire à l’UNIGE.
frank mentha

De la prudence, certes, mais aucune raison de se faire du mauvais sang. Voici, en substance, le message de Bernardino Fantini, professeur honoraire à l’Université de Genève.

L’inquiétude grandit au sein de la population. Les gens font même des provisions de nourriture…

La peur a toujours accompagné les grandes épidémies. Il y a bien sûr la peur de l’inconnu, de quelque chose de nouveau que l’on ne connaît pas. Et puis la peste, la variole, la grippe asiatique ou encore la grippe espagnole au début du XXe siècle ont fait des ravages. Cette mémoire reste.

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A-t-on raison d’avoir peur?

Cette peur est largement exagérée en Europe, à mon avis. Pour le moment, ce virus est moins dangereux qu’une grippe saisonnière qui fait des centaines de morts par année. En Italie, il y a eu des mouvements de panique car les autorités ont commis de graves erreurs de communication. Elles ont fermé des écoles, des cinémas et des théâtres dans des régions où il n’y avait pas un seul cas. Cette réaction émotionnelle dictée par la peur n’a fait que l’amplifier. Les gens se disent que si ces lieux ferment, c’est que la catastrophe est imminente. Les épidémies ont toujours provoqué des phénomènes de masse plus dangereux que la maladie elle-même... Quant à l’idée de fermer les frontières, cela n’a pas de sens: un virus ne connaît pas de frontière! Cela vise plus à tranquilliser la population qu’à contenir l’épidémie.

Comment protéger la population sans créer une psychose?

La peur est un phénomène tout à fait normal mais il faut qu’elle soit dominée par une attitude rationnelle. Il faut la contrôler avec une bonne communication, une connaissance des faits et des mesures à la hauteur de la situation.

Quel rôle jouent les médias dans la frousse ambiante?

Ils ont une responsabilité, en effet, et peuvent jouer un rôle important en incitant à la modération. Il faut continuer de donner des informations précises sur la réalité épidémiologique. Dire que sur 100 cas de contagion, 2 ou 3 seulement sont vraiment dangereux et peuvent mener à la mort. Cela peut tranquilliser les gens. Il faut certes être prudent et se laver les mains le plus possible, par exemple. Mais il ne faut pas avoir peur.

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Et la ruée sur les masques, qu’en pensez-vous?

C’est irrationnel. Porter un masque en dehors des milieux hospitaliers et des foyers épidémiques n’a pas de sens. De plus, il faudrait le changer tous les jours, donc en avoir une dizaine en réserve chez soi. Le masque, c’est un peu un totem. On pense être plus en sécurité avec cet objet à portée de main.

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