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Criminalité sur internetLes pédophiles et zoophiles du web ne sont que peu punis

Les personnes coupables de pédopornographie sur internet ou avec des animaux ont écopé le plus souvent d'amendes inférieures à 2000 francs en 2014.

Les coupables sont surtout pénalisés par le paiement des frais de procédure, mis à leur charge.
Les coupables sont surtout pénalisés par le paiement des frais de procédure, mis à leur charge.
Keystone

Les condamnations prononcées en 2014 pour pornographie sur Internet avec des mineurs ou des animaux ont rarement débouché sur de la prison ferme. Les peines ont avant tout consisté en des jours-amende avec sursis, assortis d'amendes souvent inférieures à 2000 francs.

Seules environ 30% des sanctions financières se sont révélées supérieures à ce montant. Et uniquement un cas sur trois a débouché sur plus de 100 jours-amende.

Les peines pécuniaires (jours-amende) fermes et les peines de prison demeurent très rares. Elles n'ont été appliquées que dans moins de 5% des infractions, relève le Service de coordination de la lutte contre la criminalité sur Internet (SCOCI) dans son rapport annuel 2014 publié jeudi.

En fait, les coupables ont surtout été pénalisés par le paiement des frais de procédure, mis à leur charge. Ces coûts ont souvent excédé de beaucoup le montant de l'amende.

Près de 400 dénonciations

Ces condamnations découlent notamment des recherches actives menées par le SCOCI. Des investigations qui ont permis d'établir 396 dénonciations l'année dernière, transmises aux autorités compétentes en Suisse, notamment les cantons, et à l'étranger. Ce chiffre est en légère baisse, de 6,4 %, par rapport à 2013.

Les dénonciations ont, sur la base des données communiquées pour l'heure par les polices cantonales et autres autorités, à chaque fois entraîné une perquisition. Près de 90% de ces dernières ont amené la saisie de matériel illégal, qui contenait lui de la pornographie avec des enfants dans la plupart des cas.

Chez une maman de jour

Citant un exemple, le gendarme de la toile a permis à une police cantonale de saisir du matériel pédopornographique détenu par le mari d'une maman de jour. Cette dernière s'occupait de trois enfants depuis 2012 déjà.

Dans ce cas, les enquêtes n'ont pas révélé d'indices d'actes de violence sur d'autres enfants. La commune concernée a publié un communiqué de presse pour informer la population.

Alerte donnée par les internautes

Le SCOCI a sinon compté sur les internautes eux-mêmes pour lui signaler des soupçons d'infractions. Ceux liés à la pornographie dure avec des enfants ont fait l'objet de 698 annonces l'an passé.

Les annonces visant la pornographie dure avec des animaux se sont élevées à 30 cas, suivies de 21 pour pornographie avec violence. Des actes sexuels avec enfants ont été signalés trois fois.

Les alertes des usagers de la toile touchant les infractions contre l'intégrité sexuelle ont toutefois nettement diminué en un an, passant de 1842 à 758. Mais il ne faut pas y voir le signe d'une chute de la criminalité. Le SCOCI explique cette baisse par une plus grande efficacité dans le blocage des sites, ainsi que par la bonne coopération avec les moteurs de recherche et Interpol.

La criminalité se déplace

Cette régression pourrait également être liée à la tendance selon laquelle les contenus pornographiques interdits sont échangés dans des domaines Internet qui ne sont pas accessibles à tous. Le gendarme fédéral évoque notamment les réseaux «peer-to-peer ", soit les bourses d'échange publiques ou privées.

Du coup, les deux tiers des annonces relevant de la justice pénale se sont rapportés à des infractions contre le patrimoine, escroquerie et autre arnaque. Au total, 6837 alertes relevaient de ce domaine, à nouveau en augmentation.

Plus de 10'000 annonces - un record

De manière générale, 88% des annonces reçues en 2014 se sont avérées pertinentes du point de vue pénal. Au total, le SCOCI a reçu 10'214 messages, 70% de plus qu'en 2010, un nouveau record.

Le SCOCI réagit à ces alertes envoyées via le formulaire en ligne en prenant des mesures pour supprimer les contenus pénalement punissables. Il transmet également des annonces aux autorités compétentes, comme la Police judiciaire fédérale (PJF) ou le Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent (MROS).

Des tentatives d'escroquerie au moyen de fausses annonces immobilières ont été souvent communiquées. Les criminels profitent ici de la pénurie de logements dans les grandes villes comme Zurich et Bâle et mettent en ligne des biens au loyer modéré mais qui n'existent pas.

Moyennant jusqu'à trois mois de loyer à titre de caution, ils promettent à la victime qu'elle pourra emménager sans délai ou au moins que les clés lui seront envoyées pour une visite. La bonne affaire se révèle être une escroquerie au plus tard lors de la première visite à l'adresse inexistante.

ats/cht

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