Le PDC doit lutter contre la barre fatidique des 10%

Politique 1/6Le parti restera-t-il la quatrième force politique du pays? Pour y arriver, le PDC doit stopper son érosion et assurer la relève en Romandie.

Gerhard Pfister, président du PDC suisse et conseiller national, prenant la parole lors du congrès estival du parti.

Gerhard Pfister, président du PDC suisse et conseiller national, prenant la parole lors du congrès estival du parti. Image: Keystone

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Il a perdu de sa superbe, l’ancien grand parti du centre qui faisait les majorités à Berne. Depuis le traumatisme de la perte de son deuxième siège au Conseil fédéral en 2003, le PDC subit une lente érosion. À tel point que les sondages le font désormais flirter avec la barre des 10% (voir l'infographie ci-dessous), à un cheveu des Verts, qui pourraient lui piquer sa place de quatrième force politique du pays.

Pour voir l'infographie en grand, cliquez ici.

«Le pourcentage n’est pas le plus important dans une élection qui se joue avant tout dans les cantons, tempère Charles Juillard, vice-président du parti. Notre objectif est de maintenir nos sièges.» Pour y arriver, le parti mise sur son thème traditionnel, la famille, mais se profile aussi sur les coûts de la santé avec une initiative populaire en cours de récolte de signatures.

Le PDC peut aussi compter sur une ligne politique plus claire. À son arrivée à la présidence, Gerhard Pfister avait annoncé vouloir mieux profiler sa formation. Il a réussi. Alors que le PDC était habitué à voter de façon disparate, son unanimité fut étonnante sur les grands dossiers de la législature, à l’image de la Prévoyance 2020. Mais cela n’a pas empêché les voix discordantes de fustiger – de façon anonyme surtout – le positionnement trop à droite de leur nouvel homme fort.

Problème démographique

Durant ces élections, l’enjeu du PDC sera de réussir à se maintenir dans ses bastions: arc alpin (Valais) et cantons catholiques (Fribourg, Jura). Pris en étau entre l’UDC et les nouveaux partis du centre, le PDC a aussi un problème démographique à résoudre. Son électorat est âgé, et il peine à séduire les nouvelles générations. Un défi qui n’est pas impossible à relever. Le PDC a un potentiel de croissance dans les villes. À Genève, lors des dernières élections cantonales, il a gagné un siège, faisant mentir la tendance nationale. Le 20 octobre, c’est à Berne qu’il pourrait créer la surprise et signer le retour d’un des siens sous la Coupole.

Le PDC souffre enfin d’un problème de relève dans son personnel politique. Des étoiles montantes se sont évanouies: Yannick Buttet (VS) a été emporté par une affaire de harcèlement et Guillaume Barazzone (GE) ne se représente pas suite à l’affaire des notes de frais de l’Exécutif de la Ville de Genève. Claude Béglé (VD) est pris dans la polémique de son voyage en Corée du Nord, quant à Dominique de Buman (FR), il arrive au terme de ses mandats. Seul Jean-Paul Gschwind (JU) semble bien accroché à son siège, mais il ne fait pas partie des poids lourds du parlement.

Numéro un aux États

Cette fragilité au National tranche avec la situation au Conseil des États. Là, le PDC reste numéro un. Il a même renforcé sa place cette année avec l’arrivée de Benedikt Würth (SG), élu à la place de la PLR Karin Keller-Sutter appelée au Conseil fédéral. «Pour des élections majoritaires, nous sommes mieux affûtés, analyse Charles Juillard. Nous disposons de personnalités consensuelles, capables de séduire au-delà du parti. Ça montre qu’un PDC fort est indispensable pour porter la voix des cantons à Berne.» C’est pour cela que le PDC ne pense pas que le siège de Viola Amherd, élue à la place de Doris Leuthard, soit menacé au Conseil fédéral.

L’atout femme, c’est d’ailleurs une carte que le PDC pourrait jouer pour casser sa spirale négative. Il est le parti bourgeois qui compte le plus d’élues à Berne. «Nous devrions mieux mettre en avant cet argument, comme nous devrions mieux afficher notre sensibilité environnementale», reconnaît Charles Juillard. Le PDC ne sait-il pas se vendre? «C’est vrai, mais c’est aussi la faute des médias. Il est plus facile de parler des positions des extrêmes que de mettre en avant ceux qui défendent des compromis forcément plus complexes.»

Créé: 25.08.2019, 19h49

Carte blanche à Gerhard Pfister

«Faites entendre votre voix!»



«Le climat politique est marqué par la polarisation et les blocages. La campagne pour les élections n’échappe pas à la règle. Aux slogans provocateurs et aux affiches-chocs, le PDC préfère répondre de manière concrète à vos préoccupations quotidiennes. Donner un coup de frein aux coûts de la santé pour diminuer les primes d’assurance maladie. Mieux concilier vie professionnelle et familiale avec un congé paternité de deux semaines, la flexibilisation des modèles de travail et davantage de places d’accueil pour les enfants. Supprimer la discrimination des couples mariés au niveau fiscal et à la retraite. Garantir le niveau des rentes et soutenir plus fortement financièrement les proches aidants. Le PDC veut une Suisse dans laquelle la prospérité économique repose sur une croissance respectueuse de l’environnement et une solidarité renouvelée. Pour ce faire, le pays a besoin d’un centre fort. Le PDC en est le moteur et le restera plus que jamais le 20 octobre, grâce à vous.»

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