Les patrons réclament une clause de protection

ImmigrationLe lobby de l’économie a présenté ses solutions pour appliquer au mieux l’initiative du 9 février.

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Le Conseil fédéral doit présenter ses mesures d’application de l’initiative «Contre l’immigration de masse» dans le courant du mois de janvier. Quelques jours avant cette échéance, les milieux économiques ont exposé à la presse, hier à Zurich, leurs propositions pour concilier au mieux une limitation de l’immigration et la santé de l’économie suisse.

Les milieux patronaux veulent ainsi instaurer une clause de protection pour les travailleurs issus de l’Union européenne (UE). La libre circulation s’appliquerait ainsi en dessous d’un certain seuil d’immigration. Mais une fois l’urne pleine, on ferme le couvercle. «Ce n’est qu’en cas de dépassement du seuil fixé que l’immigration totale serait temporairement limitée par des contingents, explique Hans Hess, président de l’association des industries Swissmem. Le Conseil fédéral définirait, par voie d’ordonnance, un plafond d’immigration nette, appelé contingent global.»

Recours aux travailleurs suisses

Pour EconomieSuisse, il s’agit ensuite de faire en sorte que l’immigration ne dépasse pas cette limite, de façon à ne pas avoir à recourir à cette clause de protection. Pour ce faire, les patrons préconisent deux solutions: l’économie se doit d’utiliser au mieux le potentiel des travailleurs suisses. EconomieSuisse promet de multiplier les mesures favorisant l’embauche des jeunes, des femmes et des seniors.

Ensuite, le lobby de l’économie demande à l’Etat de «prendre ses responsabilités». «Une grande partie de l’immigration va directement grossir les rangs de l’appareil étatique, estime Gottlieb Keller, président de SciencesIndustries. Si l’Etat n’apparaît pas directement comme employeur de travailleurs immigrés, il absorbe des travailleurs qui ensuite font défaut dans le secteur privé.» Gottlieb Keller propose ainsi de limiter à zéro la croissance des emplois dans le secteur public.

De bonnes chances de succès

Les milieux économiques estiment avoir de bonnes chances de succès avec cette solution. «Un modèle migratoire fondé sur des règles déjà connues et appliquées actuellement au sein de l’Europe aurait davantage de chances», assure Hans Hess. En effet, la «clause de protection» revêt en réalité l’exacte définition de la clause de sauvegarde et n’a rien de neuf. L’accord de libre circulation des personnes passé avec l’Europe autorise son usage en cas d’afflux massif de travailleurs européens. Le Conseil fédéral l’a actionnée deux fois déjà, en 2012 pour huit pays d’Europe de l’Est et en 2013 pour l’entier des travailleurs de l’UE.

L'UDC ravie

«Voici un changement de ton tout à fait bienvenu, se réjouit le conseiller national Yves Nidegger (UDC/GE). Au lendemain du 9 février, EconomieSuisse nous prédisait la fin du monde. Aujourd’hui, elle admet deux choses. Premièrement, qu’elle a trompé la gauche et les syndicats avec ses clauses de sauvegarde. Et qu’elle privilégiera enfin l’embauche de travailleurs suisses. Ensuite, elle reconnaît que si la Suisse fait mine d’adhérer au dogme de l’Europe tout en aménageant un peu l’accord de libre circulation, la pilule passera. Les autres Etats ne souhaitent pas non plus participer à une escalade. Cela me semble être un mea culpa qui tombe à pic.» (TDG)

Créé: 08.01.2015, 21h38

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