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Les parlementaires suisses sont-ils sous surveillance?

Une conseillère nationale bernoise a questionné le Service de renseignement de la Confédération. Elle a été très surprise.

Margret Kiener Nellen a fait l'objet de nombreuses «fiches».
Margret Kiener Nellen a fait l'objet de nombreuses «fiches».
Keystone

La «SonntagsZeitung», qui a révélé l’affaire ce week-end, soulignait la colère de Margret Kiener Nellen. La conseillère nationale socialiste bernoise (qui ne se représente pas cet automne) a eu l’idée de demander au Service de renseignement de la Confédération (SRC) un extrait de base de données, afin de savoir ce qui y était stocké à son sujet.

La réponse qu’elle a reçue l’a laissée pantoise: plus de 70 occurrences. «Quand j’ai lu la lettre, j’ai eu l’impression d’être dans une mauvaise comédie», a-t-elle dit au journal dominical. Le SRC avait assidûment empilé les données sur Margret Kiener Nellen. Elle est ainsi signalée sur la liste des participants, transmise par une «autorité de sécurité», à un «cocktail», en 2017, sans que son agenda n’en ait conservé trace. La politicienne a aussi rencontré des militants kurdes l’an dernier. Les plus banales de ses sorties sont dûment mémorisées par le SRC: elle est ainsi signalée lors des réceptions officielles du président du parlement russe ou du vice-ministre des Affaires étrangères de la Biélorussie. Sa présence à une conférence de l’OSCE pour la sécurité et la coopération n’a pas échappé non plus aux agents, ainsi qu’un échange avec des femmes pakistanaises, à Berne, durant lequel elle a fait une présentation.

«Cela rappelle fortement l’affaire des fiches des années 80»

Interrogé par le journal, le Service a fait savoir que la conseillère «n’avait jamais été une cible du SRC». Elle n’y faisait semble-t-il pas l’objet d’un dossier particulier, et parmi la septantaine de signalements, beaucoup émanent simplement d’articles de journaux. Cela n’a pas satisfait la parlementaire: «Les nombreuses entrées sur ma personne sont l’expression d’une rage à les collecter de la part du SRC. Cela rappelle fortement l’affaire des fiches des années 80.» À l’époque, des centaines de milliers de personnes en Suisse avaient découvert qu’on les espionnait sans raison valable.

Margret Kiener Nellen pense saisir la justice, disant que le SRC ne respecte pas la loi. Elle entend soumettre aussi l’affaire à la délégation des commissions de gestion du parlement. Le SRC surveille-t-il ainsi peu ou prou tous les parlementaires? Un porte-parole du PS envisage dans la «SonntagsZeitung» de proposer à tous les parlementaires socialistes d’exiger un extrait similaire de la base de données du SRC à leur sujet.

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