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SuisseLe parlement veut lutter contre le gaspillage alimentaire

Le Conseil des États a transmis ce jeudi une motion demandant au gouvernement de soutenir la redistribution des denrées encore propres à la consommation.

Les députés ont voté par 33 voix contre 12 en faveur de la motion du National contre le gaspillage alimentaire.
Les députés ont voté par 33 voix contre 12 en faveur de la motion du National contre le gaspillage alimentaire.
Keystone

Il faut en faire plus contre le gaspillage alimentaire. Le Conseil des États a transmis jeudi, par 33 voix contre 12, une motion du National chargeant le Conseil fédéral de prendre des dispositions pour sauver des denrées alimentaires à la fermeture des magasins.

Les aliments encore propres à la consommation devraient pouvoir être remis gratuitement à des organisations certifiées ou à des personnes. Pour l'instant, un grand nombre de ces denrées est rendu impropre à la consommation par l'ajout de poudre à lessive, de marc de café et autres dénaturants.

La France, l'Italie et la République tchèque imposent aux supermarchés de faire don des excédents de denrées alimentaires à des organisations caritatives. En Suisse, la population est très sensibilisée depuis des années à la nourriture jetée à la poubelle alors qu'elle pourrait encore être consommée et elle attend du monde politique qu'il prenne des mesures, justifiait la conseillère nationale Martina Munz (PS/SH) dans sa motion.

Dans l'intérêt du commerce

C'est dans l'intérêt du commerce de détail, a soutenu Maya Graf (Verts/BL) au nom de la commission. Cela assurerait une gestion plus consciencieuse de ce genre de denrées, tout en évitant les frais liés à leur élimination. C'est d'autant plus nécessaire que le gaspillage de denrées alimentaires propres à la consommation est éthiquement problématique.

Une minorité UDC/PLR a combattu la motion, notamment par refus d'une obligation de redistribution. La lutte contre le gaspillage est très importante et les dates de péremption sont un problème, mais cela ne justifie pas une telle intervention dans la liberté du commerce de détail. En outre, les restaurateurs ne seraient pas concernés, ce qui créerait une inégalité, a critiqué Hannes Germann (UDC/SH).

Chaque filiale des grands distributeurs jette en moyenne 26 millions de tonnes de denrées alimentaires par an, a contré l'indépendant Thomas Minder (SH). Il faut agir d'autant que les grands distributeurs soutiennent la motion.

Objectif unanime

Tout le monde veut la même chose, il ne s'agit pas d'obliger les commerçants à redistribuer, mais de leur faciliter la tâche, a relevé Adèle Thorens (Verts/VD). Ce serait un signe de reconnaissance pour les associations qui s'occupent de redonner les marchandises et pour les bénéficiaires nécessiteux qui en profitent, a abondé Élisabeth Baume-Schneider (PS/JU).

Le Conseil fédéral est aussi d'avis qu'il faut légiférer, a expliqué le ministre de la Santé Alain Berset. Les yoghourts peuvent sans problème être consommés au-delà de la date de consommation minimale, mais d'autres produits ne sont pas sans risque après la date limite de consommation. Ils ne peuvent donc pas être redistribués pour l'instant.

Une révision minime de la loi sur les denrées alimentaires permettrait d'autoriser la redistribution à des organisations capables d'évaluer les risques.

(ats)

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