L'ours M13 a été abattu «pour protéger la population»

GrisonsL'ours M13 a été abattu mardi matin dans le Val Poschiavo. Il était jugé «à risque» pour l'homme. Le tuer était la «seule option» pour les autorités.

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L’ours M13 a été abattu dans le Val Poschiavo mardi matin. Les autorités grisonnes et fédérales ont estimé qu’il était devenu un danger trop important pour la population. L’animal venait chercher sa nourriture dans les zones d’habitation et ne se montrait pas farouche face aux humains.

Il était 10h15 mardi matin à Miralago, sur les bord du lac de Poschiavo (GR), lorsqu’un garde-chasse a abattu le plantigrade âgé de trois ans. M13 était en sursis depuis sa sortie d’hibernation la semaine dernière.

Une adolescente s’était retrouvée presque nez à museau avec lui il y a quelques jours. La fille de 14 ans avait dû être hospitalisée en état de choc. L’ours avait en outre croisé deux touristes sur un sentier.

Les mesures d’intimidation visant à l’éloigner des villages n’ont pas porté leurs fruits. L’ours ne s’est jamais montré agressif envers les humains, mais le risque d’un accident grave était devenu trop important, a souligné Franziska Schwarz, vice-directrice de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) face aux médias réunis à Coire. Son abattage était inévitable pour protéger la population.

En sursis depuis son hibernation

Considéré jusqu’en automne 2012 comme un ours «problématique», il n’a en réalité dû qu’à son hibernation d’avoir eu la vie sauve à la mi-novembre, a révélé mercredi aux médias le ministre grison des forêts Mario Cavigelli. Juste avant d’hiberner, l’ours s’était introduit deux nuits de suite dans une maison de vacances inoccupée pour se servir dans les réserves de pommes de terre.

La Commission intercantonale pour la gestion des grands prédateurs (CIC) lui a alors attribué l’évaluation «à risque» qui prévoit l’abattage de l’animal, selon le Plan de gestion de l’ours.

La CIC est composée du chef de l’office cantonal de la chasse et du chef de la section Chasse de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). C’est sur sa recommandation que Mario Cavigelli a donné l’ordre d’abattre l’ours après avoir consulté les autorités italiennes, M13 provenant du Trentin-Haut-Adige.

Pas d’alternative

Le rapatriement de l’ours en Italie ne constituait pas une alternative. Aucun accord international n’offre les bases légales nécessaires et les discussions menées en novembre dernier avec les responsables du programme de repeuplement dans le Trentin n’ont en outre pas abouti.

Le placement dans un zoo a également été rejeté par les deux pays. Motif: un plantigrade adulte, né en liberté, ne saurait guère s’y habituer.

Critiques du WWF

Le WWF critique la décision des autorités, considérant la mort de M13 comme «inutile». Au contraire de JJ3, ours abattu dans les Grisons en avril 2008, M13 n’était pas un danger pour la population, selon l’organisation de protection de l’environnement.

Le problème vient en réalité de la faible acceptation de l’ours dans le Val Poschiavo, affirme le WWF. La population n’a pas été suffisamment informée. L’organisation Pro Natura va dans le même sens. Elle demande au canton des Grisons de nommer un préposé permanent chargé de la gestion des ours.

L’abattage de M13 ne constitue pas un «non» de la Suisse à l’ours mais un «non» à cet individu, a répliqué Franziska Schwarz. D’ailleurs, vu la vague de reproduction de plantigrades en cours dans le Trentin voisin, d’autres ours viendront dans les Grisons. L’acceptation de cet animal par la population est donc primordiale, a soutenu Mario Cavigelli.

Moins d’une année en Suisse

M13 a été tiré moins d’une année après son arrivée en Suisse. Il avait été observé pour la première fois près de Scuol (GR), en Basse- Engadine, en avril 2012. Il s’était rapidement approché d’habitations. Fait tenu secret jusqu’à présent, il avait, à cette époque, pénétré dans la salle de séjour d’une maison, effrayant son occupant qui regardait la télévision.

Après avoir été repoussé plusieurs fois par des tirs de balles en caoutchouc, l’ours avait été endormi pour être muni d’un collier- émetteur permettant de suivre ses déplacements. Il s’était fait plus discret au début de l’été à la suite d’une collision avec un train dont il s’est sorti sans blessure grave.

La situation s’est gâtée en octobre dernier. M13 a alors dévasté deux ruches devant une école de Poschiavo. Au final, le bilan des dégâts provoqués par M13 se montent à une trentaine de moutons et deux chèvres tués ainsi qu’une vache et une ânesse blessées et de nombreuses ruches pillées.

Dépouille au musée

M13 était le dernier encore en vie d’une portée de trois mâles. Ses frères M12 et M14 sont tous les deux morts happés par des voitures en Italie en avril et juin dernier. Les trois frères faisaient partie d’un projet de repeuplement en ours dans la région du Trentin-Haut-Adige, dans le nord-est de l’Italie. Leur population augmente régulièrement. Actuellement, elle compte une trentaine de plantigrades.

La dépouille de M13 sera transmise au Musée d’histoire naturelle à Coire. Elle rejoindra ainsi celle de JJ3. (ats/nxp)

Créé: 20.02.2013, 15h04

Réaction du WWF

Le WWF se dit «profondément déçu» de la décision des autorités d'abattre l'ours M13.

La population n'est pas suffisamment informée, écrit le WWF mercredi à la suite de l'annonce de l'abattage de M13.

Etant donné la réintroduction de l'ours dans les régions alpines, il est nécessaire que ces régions se préparent. Cela passe par la prévention, comme l'utilisation de containers à ordures anti-ours ou des ruches sécurisées, explique le WWF. La survie de l'ours passe par son acceptation parmi les habitants des régions concernées

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