Voici la nouvelle vague verte

Élections fédéralesQui sont les Verts et Vert’libéraux qui vont changer le visage du parlement? Portraits.

La fresque «Le Berceau de la Confédération» dans la salle du Conseil national.

La fresque «Le Berceau de la Confédération» dans la salle du Conseil national. Image: KEYSTONE/PETER KLAUNZER

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Souvent jeunes, dynamiques et surtout écolos. Ils incarnent à la perfection le séisme politique lié aux résultats des élections fédérales. Et c’est grâce à eux que les Verts, en hausse de 6,1 points selon les chiffres définitifs de l’Office fédéral de la statistique, ont réalisé dimanche la plus forte poussée d’un parti depuis les élections fédérales de 1999. C’est aujourd’hui la quatrième force politique à la Chambre du peuple.

L’autre formation gagnante est celle des Vert’libéraux. Avec une progression de 3,2 points, ils enregistrent, eux aussi, le meilleur score de leur histoire. C’est la sixième force politique du pays.

Ces nouveaux parlementaires romands, issus des formations Verte ou Vert’libérale, sont plus nombreux que prévu par les sondages. Tous les cantons romands – sauf le Jura – auront désormais un représentant écologiste sous la Coupole fédérale. C’est une grande première pour certains, comme le Valais, Fribourg ou le Tessin.

Qui sont donc ces nouveaux venus? Quels sont leurs parcours et leurs priorités? De la fracassante élection au Conseil des États de la Neuchâteloise Céline Vara à la propulsion au Conseil national du Fribourgeois Gerhard Andrey, voici la trajectoire de ces élus romands. Sans oublier quelques visages alémaniques et du Tessin ayant marqué ces élections.


Ces nouveaux élus romands ont participé au triomphe écologiste

Céline Vara, Conseil des États (Verts/NE)

Locomotive verte, elle est propulsée à Berne avec une rare fulgurance, à 35 ans. C’est l’une des surprises romandes. Vice-présidente des Verts suisses, la Neuchâteloise s’offre même le luxe de la première place, devant le PLR. Avocate et mère d’une petite fille, la sénatrice n’est pas une novice en politique qu’elle pratique depuis onze ans à tous les échelons. Candidate malheureuse au National en 2015, elle prend sa revanche. On lui reconnaît un caractère bien trempé. Ambitieuse, cette ex-Miss Fête des vendanges s’est toujours engagée pour les énergies renouvelables.


Fabien Fivaz, Conseil national (Verts/NE)

Dans son canton, c’est lui qui est le mieux élu à la Chambre du peuple. Il a certainement bénéficié, aussi, du vote régionaliste du Haut du canton, étant Chaux-de-Fonnier. Ce biologiste de 41 ans, député Vert au Grand Conseil depuis dix ans, travaille comme collaborateur scientifique pour le Centre suisse de cartographie de la faune à Neuchâtel. Sur le plan politique, il préside la Commission des finances du parlement neuchâtelois et la sous-commission en charge du Département du développement territorial et de l’environnement. Il est père de deux enfants.


Christophe Clivaz, Conseil national (Verts/VS)

La poussée verte ressentie dans toute la Suisse l’a aussi été intensément en Valais. La quatrième tentative aura été la bonne pour Christophe Clivaz. Pour la première fois, un Vert siégera donc sous la Coupole dans un fauteuil valaisan. Le nouveau conseiller national, tête de liste du parti cantonal, a fait ses armes en politique au sein de l’Exécutif de la Ville de Sion. Ce quinquagénaire a mené une campagne discrète. Mais il est sans nul doute l’écolo le plus connu du Vieux-Pays. Politologue et professeur d’université, il est spécialiste des questions touristiques.


Gerhard Andrey, Conseil national (Verts/FR)

Vice-président des Verts suisses, Gerhard Andrey se présentait pour la première fois à Berne. Le Fribourgeois a décroché avec fracas le premier siège écologiste de l’histoire du canton, éjectant l’un des visages les plus connus du parlement, l’UDC Jean-François Rime. Le nouveau conseiller national, singinois d’origine, a 43 ans. Marié et père de deux enfants, il est le cofondateur d’une société active dans le développement de solutions internet qui emploie plus de 180 collaborateurs et qui figure parmi les poids lourds du secteur en Suisse.


Sophie Michaud Gigon, Conseil national (Verts/VD)

L’actuelle secrétaire générale de la Fédération romande des consommateurs fait son entrée dans l’arène fédérale à 44 ans. La Verte lausannoise rafle l’un des 19 sièges vaudois. Diplômée en sciences politiques et en allemand, elle est habituée des coulisses du Palais fédéral. Sur son site, elle déclare vouloir «faire bouger les choses en dénonçant les abus et en proposant des compromis». Depuis 2003, elle consacre du temps à la politique. Elle a cofondé puis présidé les jeunes Verts suisses et siège au Conseil communal de la Ville de Lausanne depuis douze ans.


Léonore Porchet, Conseil national (Verts/VD)

La Lausannoise, candidate malheureuse en 2015, est parvenue cette fois à rafler un fauteuil de parlementaire. C’est l’étoile montante des Verts vaudois. Spécialiste en communication et en gestion de projets culturels, cette trentenaire est députée au Grand Conseil depuis deux ans. Elle se profile notamment sur les questions familiales et l’égalité entre les femmes et les hommes, comme le congé parental. Elle a aussi activement participé à la création d’une application mobile contre le harcèlement de rue.


Delphine Klopfenstein Broggini, Conseil national (Verts/GE)

Sociologue de formation, la Genevoise de Versoix, âgée de 43 ans, occupe le poste de cosecrétaire générale de la section cantonale. Députée au parlement genevois depuis 2015, elle place l’égalité entre hommes et femmes au cœur de ses préoccupations. À Genève, elle a déposé plusieurs objets sur ce thème, notamment sur l’égalité salariale. Elle s’est aussi fait remarquer par une motion visant à interdire aux fonctionnaires les vols professionnels de moins de 1200 kilomètres.


Nicolas Walder, Conseil national (Verts/GE)

Le maire de Carouge a de quoi sourire. Successeur de Lisa Mazzone à la présidence des Verts genevois en 2016, ce Genevois de 53 ans a fêté l’an dernier la progression de son parti au parlement cantonal, suivie dimanche par le raz-de-marée fédéral. Les Verts sont désormais le premier parti du canton à Berne. Dans sa ville de Carouge, où il siège depuis 2011, il s’occupe des questions d’énergie et de mobilité, notamment. Il dit combattre les «visions productivistes, machistes et populistes».


François Pointet, Conseil national (PVL/VD)

C’est le mathématicien des Vert'libéraux vaudois. Titulaire d’un doctorat en sciences – il a défendu une thèse en géométrie différentielle –, le Vaudois de la Riviera réussit à son troisième essai le grand saut vers Berne. Âgé de 50 ans, marié et père de deux enfants, il est employé comme ingénieur dans une entreprise de conseil informatique. Il a pris la direction des Vert’libéraux vaudois en 2014 avant d’accéder au parlement cantonal en 2017, où il s’est engagé contre le gaspillage alimentaire, entre autres.


Michel Matter, Conseil national (PVL/GE)

Si la députation vaudoise a son mathématicien, les Vert’libéraux genevois ont leur médecin. Le parti est parvenu à rallier à ses côtés le volubile et médiatique ophtalmologue, président de l’Association des médecins genevois et vice-président de la puissante Fédération des médecins suisses. À ce titre, le spécialiste de 54 ans a notamment appelé à la prudence face à la technologie 5G. Il a aussi défendu les revenus des médecins, croisant en 2018 le fer avec le ministre vaudois de l’époque, Pierre-Yves Maillard, élu lui aussi à Berne.


Créé: 21.10.2019, 22h36

La présidente, le timide et Greta

Marionna Schlatter (Verts/ZH)



C’est son année. En mars, la présidente des Verts zurichois célébrait le triomphe de son parti au parlement cantonal et sa propre élection. Ce succès a révélé au grand public l’élue de 39 ans, qui mène la barque écologiste depuis 2011. Dimanche, peu pensaient qu’elle frapperait aussi fort. Élue au Conseil national, elle est aussi candidate aux États, pour lequel elle talonne le 3e, Roger Köppel (UDC), et devance Tiana Angelina Moser (PVL). La politique n’est pas la seule passion de cette contrôleuse de champignons diplômée.




Mathias Zopfi (Verts/GL)



Il signe l’une des victoires les plus inattendues des élections. L’avocat de 35 ans sera le premier Vert glaronais à siéger aux États. Il éjecte au passage le poids lourd UDC Werner Hösli pour 252 petites voix. Ceux qui connaissent son parcours auraient pu s’en douter: Mathias Zopfi est décrit comme une personne timide qu’on a tendance à sous-estimer. Il est vice-président de la Commune de Glaris Sud et siège au parlement cantonal, où il a fait une présidence remarquée en 2017.




Greta Gysin (Verts/TI)



Personne n’a résisté au trait d’humour: le Tessin compte lui aussi sa Greta! La première élue Verte de la députation tessinoise au National s’appelle peut-être Greta Gysin, elle s’était fait un nom bien avant son homonyme suédois. Mère de trois enfants, diplômée en sciences politiques, la responsable de la région Est du syndicat Transfair, 36 ans, a une solide expérience politique à son actif. Elle a siégé au parlement cantonal de 2007 à 2015. Elle est à l’origine de l’initiative sur le salaire minimum, acceptée en votation par les Tessinois il y a quatre ans.

G.S.

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