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«Cette nouvelle loi sur les jeux d’argent est totalitaire»

Les jeunes de quatre partis nationaux lancent le référendum contre une loi qui va bloquer des sites étrangers en Suisse.

Le blocage des sites étrangers de jeux en ligne dans le viseur.
Le blocage des sites étrangers de jeux en ligne dans le viseur.
Keystone

Non à la mise sous tutelle des citoyens! Les jeunes de quatre partis nationaux (UDC, PLR, Vert’libéraux et Verts) ont lancé ce mardi le référendum contre la nouvelle loi sur les jeux d’argent. Celle-ci, adoptée récemment par le parlement, prévoit que les jeux en ligne soient exclusivement réservés aux acteurs historiques. A savoir ceux qui gèrent les casinos et les grandes loteries en Suisse.

Pour éviter que les joueurs fassent leur poker sur des sites étrangers, les opérateurs auront l’obligation de bloquer les accès Internet. Une page avec un avertissement s’affichera donc sur l’ordinateur du particulier ou sur son smartphone et un lien le renverra vers les sites agréés.

Les référendaires ne mâchent pas leurs mots pour dénoncer ce blocage. Luzian Franzini, coprésident des Jeunes Verts, dénonce une loi «contre-productive et totalitaire». Pour lui, on met le doigt dans un dangereux engrenage. «On commence avec le poker en ligne, mais la censure peut rapidement s’étendre à la musique, aux films et même aux sites d’information. La liberté sur Internet est un droit fondamental!»

Pour Anaïs Grandjean, coprésidente des Jeunes Vert’libéraux, on bride à l’extrême la concurrence. D’une offre de plusieurs centaines de fournisseurs de pokers ou de casinos, on se retrouve avec deux ou trois acteurs. Ce verrouillage va pousser les joueurs vers la clandestinité. Résultat? «Les joueurs suisses ne seront plus protégés contre le jeu addictif. Leurs gains, désormais illégaux, ne seront plus imposés.»

Mais est-ce si facile de contourner un blocage Internet de son opérateur? Oui, assure Jean-Marc Hensch, le directeur de Swico, une association professionnelle qui regroupe les entreprises des technologies de l’information et de la communication. «Sur les logiciels de navigation modernes, la fonction qui permet d’éviter des blocages est déjà préinstallée. En deux clics, sans connaissance particulière, vous contournez l’obstacle.» Il s’inquiète surtout du signal négatif que la Suisse envoie en prétendant vouloir faire la police sur le Net.

Philippe Nantermod, vice-président du PLR, se demande d’ailleurs où les autorités vont fixer la limite. «Va-t-on interdire un site comme «La Française des Jeux», parfaitement légal en France, et qui n’a rien de criminel? Cette loi a été écrite par des gens qui ne comprennent pas Internet et qui veulent obtenir des avantages concurrentiels.» Il souligne d’ailleurs le lobbying forcené des casinos et des loteries suisses.

Les référendaires ont jusqu’au 18 janvier 2018 pour réunir 50'000 signatures valables. S’ils y arrivent, ils n’auront pas la partie facile en votation populaire. Ils devront affronter la majorité des grands partis et aussi les cantons. Ces derniers soutiennent la loi parce qu’elle leur permet de redistribuer une partie des bénéfices des jeux de hasard à de nombreuses associations. Comme le résume le conseiller national Jean Christophe Schwaab (PS/VD), le choix est assez simple: «Il faut être clair: un refus de la loi sur les jeux d’argent priverait l’AVS, le sport et la culture de beaucoup, beaucoup d’argent.»

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