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Nouveaux doutes sur la gestion de Monika Ribar

Après les «Paradise Papers», encore des révélations sur la présidente des CFF et son mandat angolais.

Monika Ribar, présidente des CFF.
Monika Ribar, présidente des CFF.
Keystone

Un bienfaiteur et un visionnaire ou simplement un joueur? C’est la question que pose l’émission Reporter de la SRF, la télévision alémanique, sur l’homme d’affaires helvético-angolais Jean-Claude Bastos. Comme le révélaient les «Paradise Papers» en novembre 2017, ce dernier gérait le fonds souverain angolais dont il profitait largement en encaissant des millions de redevances chaque année et en finançant ses propres projets.

Or la présidente des CFF, Monika Ribar, a participé à l’un de ces projets, la construction d’un nouveau port au Cabinda, au nord de l’Angola, alors qu’elle était membre du conseil d’administration de Capoinvest Limited, une firme de Jean-Claude Bastos. Un partenaire controversé est chargé de le construire, la China Road and Bridge Corporation.

Le problème? À cause de pratiques frauduleuses dans le cadre d’un autre projet, la Banque mondiale interdisait à China Road and Bridge Corporation toute participation à l’un de ses mandats pendant huit ans. Or, un an avant la fin de cette sanction, une filiale de Capoinvest a justement mandaté l’entreprise chinoise pour construire le port. Ni Jean-Claude Bastos ni Monika Ribar ne prennent position à ce sujet. Jean-Claude Bastos considère même ce projet de port comme une chance unique pour le Cabinda. Monika Ribar est elle aussi convaincue par ce projet. Robert Kappel, professeur d’économie et spécialiste de l’Afrique, affirme: «Le port est un non-sens économique, car le Cabinda n’a pas d’industrie notable et des relations frontalières compliquées. Ce port ne pourrait donc pas être exploité à pleine capacité. Les pronostics de bénéfices seraient illusoires.» Jean-Claude Bastos et Monika Ribar ne s’expriment pas non plus sur ce point.

Jean-Claude Bastos prétend avoir déjà investi 70 millions de francs dans le projet depuis 2007. On peut en douter. Il ressort du verdict d’un tribunal zougois que Jean-Claude Bastos n’a pas de fortune nette. En outre, plus de 50 pages datant de janvier 2015 sur le projet portuaire peuvent être trouvées dans les «Paradise Papers». Ils révèlent que le projet se dans la «phase de prédéveloppement» du projet et qu’un calendrier commence en mars 2014 seulement, avec le «recrutement de l’équipe de direction». Les prétendus investissements de Bastos n’y sont pas du tout mentionnés. Mi-octobre 2017, Jean-Claude Bastos avait promis de présenter les documents prouvant son investissement de 70 millions. Aujourd’hui, il n’en est plus question. Ce ne serait pas la première fois que Jean-Claude Bastos joue avec la vérité. Par exemple, lorsqu'il a prétendu, en décembre lors du reportage de la SRF, ne pas avoir été condamné pour enrichissement personnel. À ce jour, Monika Ribar n’a pas pris ses distances par rapport aux affaires de son ancien partenaire.

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