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De nouveau jugée pour avoir perdu son bébé

Une jeune femme doit être rejugée pour la mort de son bébé. La législation anti-avortement salvadorienne est l'une des plus strictes au monde.

Evelyn Hernandez n'est plus accusée d'homicide aggravé avec préméditation, mais d'homicide aggravé par négligence.
Evelyn Hernandez n'est plus accusée d'homicide aggravé avec préméditation, mais d'homicide aggravé par négligence.
Keystone

La justice du Salvador jugeait à nouveau à partir de jeudi pour homicide Evelyn Hernandez, une jeune femme qui a perdu son bébé, dans ce pays où la législation anti-IVG est l'une des plus strictes du monde.

Evelyn Hernandez, désormais âgée de 21 ans mais adolescente au moment des faits, avait déjà été condamnée en juillet 2017 à 30 ans de prison mais la décision avait été annulée en février par la Cour suprême, après 33 mois passés derrière les barreaux.

«Je veux juste dire que je suis innocente» et «je sais qu'il (le juge) va me rendre justice», a déclaré à son arrivée au tribunal la jeune femme, pantalon noir et haut gris, qui a toujours expliqué que le bébé était mort-né.

Changement de chef d'inculpation

Pour ce deuxième procès, le ministère public salvadorien a changé de chef d'inculpation: Evelyn Hernandez n'est plus accusée d'homicide aggravé avec préméditation mais d'homicide aggravé par négligence. Elle encourt 30 à 50 ans de prison, selon la défense.

L'affaire remonte au 6 avril 2016, lorsque la jeune femme donne naissance à un bébé dans des toilettes. Transférée à l'hôpital de la ville de Cojutepeque (centre), elle est arrêtée et accusée d'homicide, a expliqué son avocate Elizabeth Deras à l'AFP.

Dans un premier temps, il avait été dit qu'Evelyn Hernandez était tombée enceinte après un viol, mais son avocate a expliqué, sans donner plus de détails, préférer ne plus évoquer ces circonstances à la demande de la jeune femme qui habite dans un quartier contrôlé par les gangs et pourrait faire l'objet de représailles.

Prison pour avortement

Aux cris de «Liberté pour Evelyn!» et «A bas le patriarcat!», une cinquantaine de féministes ont protesté devant le tribunal de Ciudad Delgado, au nord-est de San Salvador, la capitale.

Au Salvador, le code pénal prévoit une peine de deux à huit ans de prison pour les cas d'avortement, mais, dans les faits, les juges considèrent toute perte du bébé comme un «homicide aggravé», puni de 30 à 50 ans de réclusion.

Actuellement, 16 femmes sont en prison au Salvador pour des avortements. Au cours des derniers mois, cinq femmes condamnées pour des cas similaires ont été remises en liberté.

(AFP)

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