Avoir un nom étranger pénalise une candidature aux élections fédérales

MigrationUne analyse des votes de 2015 montre que les noms de famille étrangers sont plus souvent biffés.

L'étude montre que c'est au sein des partis de droite que se pratique le plus souvent cette

L'étude montre que c'est au sein des partis de droite que se pratique le plus souvent cette "discrimination électorale". Image: DR

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Avoir un nom de famille à consonance étrangère représente un obstacle pour qui rêve d’accéder au parlement fédéral. C’est que montre pour la première fois une étude d’échelle nationale financée par le Fonds national suisse et relayée par la «NZZ am Sonntag». Le politologue de l’Université de Genève Nenad Stojanovic et sa collègue Lea Portmann, de l’Université de Lucerne, ont passé au crible plus de 600 000 bulletins de vote déposés lors des élections au Conseil national de 2015. Leurs conclusions font état d’une «discrimination électorale» à l’égard des candidats ne portant pas un nom typiquement suisse selon le Répertoire des noms de famille suisses.

L’analyse met en évidence le fait que les électeurs ont plus souvent biffé des noms étrangers par rapport à ceux d’autres candidats du même parti figurant sur la liste. À l’inverse, les noms suisses ont davantage été cumulés ou panachés.

Comment l’expliquer? Nenad Stojanovic émet comme hypothèse les «préjugés» à l’égard des personnes issues de l’immigration. Tandis que la tendance à cumuler et panacher des noms suisses révèle une préférence des électeurs pour ce qu’ils connaissent et qui leur ressemble, ce que les chercheurs appellent l’in-group favoritism. «L’influence d’un nom de famille étranger sur ses chances d’être élu n’est, certes, pas élevée, mais elle reste significative. Lors d’une élection, quelques voix peuvent faire la différence», dit le politologue.

L’étude montre que c’est au sein des partis de droite que se pratique le plus souvent cette «discrimination électorale». Au centre droit, la tendance est moins marquée. Elle est quasi absente à gauche. Toutes les origines ne sont pas désavantagées de la même manière. Les noms de famille turcs et balkaniques sont plus souvent biffés que ceux à consonance espagnole ou d’autres pays occidentaux. «En conclusion, vous avez plus de chances d’être biffé si vous figurez sur une liste d’un parti de droite et que votre nom de famille est balkanique ou turc.»

En 2015, sur 477 candidats au National portant des noms de famille étrangers, 2,3% ont été élus. Le taux était de 5,7% pour les personnes avec un nom suisse. Dans le premier groupe, il y avait Sibel Arslan (BS/Basta), du groupe des Verts, seule conseillère nationale d’origine turque. «Jamais un candidat portant un nom d’ex-Yougoslavie n’a été élu», souligne Nenad Stojanovic. En Suisse romande, leurs origines n’ont empêché ni la Vaudoise Ada Marra ni la Genevoise Lisa Mazzone d’être élues.

Créé: 15.09.2019, 19h22

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