Nicolas Blancho passera devant les juges du Tribunal pénal fédéral

Extrémisme Trois membres du Conseil central islamique seront jugés pour avoir violé la loi interdisant les groupes «Al-Qaïda» et «EI».

Nicolas Blancho (à g.) et Qaasim Illi (à dr.) devront se défendre devant le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone.

Nicolas Blancho (à g.) et Qaasim Illi (à dr.) devront se défendre devant le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone. Image: Keystone

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Le très controversé président du Conseil central islamique suisse (CCIS), Nicolas Blancho, sera jugé pour avoir violé la loi fédérale interdisant les groupes Al-Qaida et Etat islamique et les organisations apparentées. Deux autres têtes du CCIS, Qaasim Illi et Naim Cherni, partageront à ses côtés le banc des accusés du Tribunal pénal fédéral (TPF).

En septembre 2015, Naim Cherni, responsable du «département pour les productions culturelles» du CCIS, s’est rendu en Syrie pour tourner un film mettant en scène Abdullah al-Muhaysini, considéré comme un dirigeant et un idéologue de l’organisation terroriste interdite Al-Qaida. Nicolas Blancho et son chef de la communication, Qaasim Illi, sont quant à eux poursuivis pour avoir ensuite diffusé la vidéo en novembre 2015, sur YouTube ainsi que sur les réseaux sociaux. La loi prévoit une peine maximale de cinq ans pour cette infraction.

Propagation d'une idéologie extrémiste
«Le MPC reproche aux prévenus d’avoir offert, avec ces vidéos de propagande, au représentant dirigeant d’Al-Qaida une plate-forme de premier plan, multilingue et multimédia pour présenter et propager avantageusement sa propre personne et l’idéologie de l’organisation terroriste Al-Qaida», explique-t-il dans un communiqué. Celle-ci serait ainsi, via ces vidéos, «encouragée dans le développement de ses activités criminelles.»

Lors de l’ouverture de la procédure en novembre 2016, le procureur général Michael Lauber expliquait qu’il comptait faire de l’affaire du CCIS un exemple. «Ce cas est considéré comme hautement prioritaire, car nous voulons savoir jusqu’où peut aller la liberté d’expression et à partir de quand la propagande pour une organisation terroriste devient répréhensible», avait-il expliqué dans une interview accordée à la NZZ.

Procès-spectacle
Le CCIS rejette quant à lui toutes accusations du MPC. «Cette affaire conduira à un procès-spectacle à Bellinzone, souligne la secrétaire générale du CCIS, Ferah Ulucay. L’intention de l’interview en cause était de démonter la propagande de l’EI par l’intermédiaire d’un personnage plus modéré dans le spectre des rebelles islamistes.» Ferah Ulucay ajoute également qu’Abdullah al-Muhaysini a toujours nié appartenir aux organisations Al-Qaida ou au Front al-Nosra. Il serait même menacé de mort par des membres de ces groupes. «A part du bruit et de la fumée, le MPC est désormais tenu de prouver ses accusations, poursuit-elle. Le CCIS voit une motivation politique claire à ce procès et l’attend avec calme et sérénité.»

Avec les Rohingyas
La page Facebook du CCIS révèle que les trois accusés se trouvent actuellement dans le camp de réfugiés rohingyas de Balukhali, situé à la frontière entre le Bangladesh et la Birmanie. Leur but est de documenter les persécutions dont est victime la minorité musulmane birmane. Ils se trouvent donc actuellement bien loin de Bellinzone, mais leur voyage ne semble pas poser de problème au MPC. A notre demande, celui-ci précise qu’il n’a demandé «ni détention provisoire, ni mesure de substitution» – par exemple saisie des documents d’identité ou obligation de se présenter régulièrement à un service administratif.

Le MPC dirige actuellement environ 60 procédures pénales dans le complexe du terrorisme djihadiste, dont la majorité concerne des affaires de propagande. (TDG)

Créé: 21.09.2017, 18h12

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