Le «money muling»: l’arnaque en vogue sur les sites de petites annonces

CybercriminalitéParmi les offres frauduleuses qui prolifèrent en ligne, certaines peuvent conduire le lésé à une condamnation pénale. Les pièges à éviter.

Image: Prévention Suisse de la Criminalité (PSC)

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L’affaire jugée ce jeudi matin au tribunal de Boudry (NE) est emblématique de l’arnaque dite du «money muling». Une mère de famille neuchâteloise de 21 ans s’est opposée à une condamnation pénale prononcée à son encontre pour blanchiment d’argent. La jeune femme avait écopé en avril d’une peine pécuniaire de 300 fr. avec sursis, assortie d’une amende immédiate de 300 fr. et du paiement des frais de justice (400 fr.). Son tort: «Avoir mis à disposition son compte bancaire pour y recevoir des fonds en provenance d’arnaques de ventes en ligne», stipule l’ordonnance émise par le Parquet régional. Sur les 3474 fr. perçus, 2857 fr. ont été transférés en Afrique de l’Ouest, sur le compte d’un ressortissant du Bénin. La différence de quelque 18% s’apparente à une commission que se serait octroyée la mule présumée pour le service rendu.

L’avocate de la Neuchâteloise soutiendra que sa cliente n’a fait que répondre à une offre d’emploi sur un site de petites annonces qui proposait une activité rémunérée de type agent financier. Et que l’intéressée ne pouvait pas se rendre compte que les fonds en question provenaient d’activités illicites.

111 «mules» et 10 «recruteurs» identifiés en Suisse l'automne dernier

Il y a deux semaines, la police vaudoise mettait en garde contre ces «faux employeurs», rappelant le risque pour la victime de se voir condamnée pour blanchiment. Et de préciser que ces annonces frauduleuses peuvent être identifiées comme telles lorsque les «patrons» ne peuvent être atteints uniquement par WhatsApp ou autres messageries électroniques.

Presque systématiquement basés à l’étranger, les cyberescrocs ne sont que rarement inquiétés, l’entraide judiciaire des pays concernés laissant souvent à désirer.

Lors de la publication de la dernière statistique policière de la criminalité, à la fin de mars, les autorités fribourgeoises faisaient état d’une explosion du nombre de plaintes pour des cas de «money muling» déposées l’an dernier: +50%. Et que ces 200 procédures représentent plus de 40% des dénonciations en matière de cybercriminalité. L'Office fédéral de la police (Fedpol) annonçait pour sa part en décembre dernier qu’une opération coordonnée de l’agence européenne de police criminelle Europol menée durant l’automne avait permis à dix corps de polices cantonaux (dont Fribourg, Genève et Neuchâtel) d’identifier 111 mules et 10 «recruteurs».

Arnaque aux faux paiements par le biais de Paypal et Paysafecard

Dans son «top des arnaques», la Fédération romande des consommateurs (FRC) met en garde sur son site internet contre l’escroquerie aux faux paiements. Les acheteurs filous adressent au vendeur un e-mail frauduleux usurpant l’identité visuelle du service Paypal, informant que l’argent aurait été viré. Le message indique au détenteur du compte que ce dernier doit être authentifié au niveau international pour que le montant soit effectivement perçu, l’acquéreur étant prétendument domicilié en France ou en Angleterre.

Pour ce faire, le vendeur est prié de se rendre à son kiosque ou supermarché pour se fournir en coupons Paysafecard – chargés avec une somme de 150 à 600 fr. – et en transférer les codes à Paypal par retour de mail. On lui prétend que ces frais non négligeables seront remboursés une fois la transaction autorisée. La seule façon d’éviter de tomber dans le piège est de ne jamais envoyer de codes Paysafecard par e-mail, indique la FRC.

Enfin, les Romands restent nombreux à tomber dans le panneau des offres immobilières frauduleuses. Les faux propriétaires indiquent le plus souvent ne pas être en mesure de se déplacer pour la visite dudit logement au loyer particulièrement attractif, étant eux-mêmes domiciliés à l'étranger. Les lésés sont mis en contact avec un mystérieux courtier, à qui il faudra payer un dépôt préalable. Ce fléau touche aussi bien la location d'appartements que de maisons de vacances, pour lesquels un acompte est demandé. À verser sur de faux comptes Airbnb ou à travers des services de transfert d'argent comme Western Union.

Créé: 18.07.2019, 10h22

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