La mobilité douce et fun lorgne les stations alpines

Les DiableretsLe 4e forum Ecovillages a ouvert ce jeudi. Petit tour en terrain pas encore conquis.

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Faisons un rêve: vous arrivez au pied des sommets à bord d’un train offrant une liaison avec la plaine toutes les demi-heures. Une navette vous prend en charge avec enfants, bagages, skis ou vélos pour vous conduire à votre hébergement. Les ruelles sont dégagées, aucun véhicule motorisé n’y circule ou n’y stationne, des chalets coquets et un panorama époustouflant se révèlent dans toute leur splendeur. En chemin, des visages réjouis, perchés sur des segways ou d’autres engins roulants non identifiés, savourent un séjour inédit, profitent de tous les charmes du site sans émettre un gramme de CO2.

Vous êtes peut-être dans les Alpes vaudoises de demain. Jeudi aux Diablerets, le 4e forum Ecovillages a offert à ses participants captivés un voyage dans un futur pas si improbable que cela. «Les technologies et les services existent, s’enthousiasme Olivier Perroud, spécialiste de la mobilité électrique. Les seules limites sont celles de notre imagination et de notre créativité.» Pour preuve, certains ont déjà dépassé le stade de l’utopie.

Werfenweng et la SaMo Card

A 45 km de la ville natale de Mozart, en Autriche, Werfenweng, 950 habitants, a vu la courbe de ses nuitées prendre l’ascenseur en faisant de la mobilité douce son atout majeur. Tout repose sur la SaMo Card (SaMo pour sanfte Mobilität, mobilité douce). Un sésame format carte de crédit offert à tout vacancier arrivant en train ou consignant les clés de son véhicule à l’Office du tourisme. Durant son séjour, il pourra se déplacer gratuitement grâce à une navette entre gare et hôtels, un taxi électrique pour les déplacements en station, un taxi nocturne à la demande et, dans un registre plus divertissant, une infinité de véhicules électriques – e-bikes, e-scooters, segways et autres funbikes – pour agrémenter le séjour.

Ce modèle a par ailleurs relevé un défi essentiel en région périphérique: servir également la cause des résidents, qui peuvent aussi bénéficier de prestations SaMo. «Les gens ont gagné sur toute la ligne, assure Peter Brandauer, directeur de l’Office du tourisme (OT) et maire de la localité. Il y a de nouvelles places de travail, des bus pyjama pour les jeunes et des retombées économiques.»

Kitzbühel et le réseau e-bike

Autre exemple autrichien, Kitz­bühel: 75 partenaires parmi lesquels OT, restaurants, hôtels et centres d’activités se sont associés pour mettre à disposition plus de 300 vélos électriques et la possibilité de les recharger partout. En parallèle, la conception d’un parcours balisé pour e-bikes n’a pas coûté très cher. «La mobilité électrique offre la possibilité à une région de montagne de se positionner en déployant des activités touristiques alternatives», commente Olivier Perroud.

Une offre à décliner à coups de trottin’herbes électriques ou autres engins fun. «C’est profitable à l’ensemble de l’économie. Une famille qui se rend à un restaurant d’altitude avec l’appui d’une batterie va être assez fraîche pour s’attabler et profiter d’un bon repas, ce qui n’est pas forcément le cas d’un cycliste classique.»

Les Diablerets et le Diablobus

Cette année, Les Diablerets ont obtenu le label européen «Alpine Pearls». Si la station vaudoise peut s’enorgueillir de figurer dans un maillage de 27 destinations où l’on peut séjourner sans voiture, c’est grâce à la mise en circulation d’un petit bus navette reliant le terminus de la ligne Aigle-Le Sépey-Les Diablerets (ASD) avec presque tout le périmètre villageois. «Il combine les besoins des hôtes et ceux des habitants. En hiver, nous avons eu beaucoup de retours de personnes âgées qui n’aiment pas conduire sur la neige et l’ont pris pour faire leurs courses», se réjouit Françoise Dutoit, municipale du Tourisme à Ormont-Dessus.

A bord du Diablobus, on peut embarquer le chariot à commissions, mais aussi fauteuils roulants, poussettes, vélos ou skis. Et le circuit devient parfois touristique, lorsque le chauffeur se mue en guide et conte l’histoire locale.

Deux écueils: «Cela a un coût (ndlr: entre 700 fr. et 820 fr. par jour d’exploitation, sur des saisons de 50 à 60 jours) et on se heurte à une législation qui impose des zones de concession aux transports publics. Par exemple, nous ne pouvons pas acheminer les skieurs au départ de la télécabine de Glacier 3000 car c’est une concession de La Poste», se désole l’élue.

C’est là l’un des enseignements de ce 4e forum Ecovillages: les plus grands obstacles sur la voie de la mobilité durable sont plus souvent humains que technologiques. (TDG)

Créé: 27.08.2015, 20h11

Ecovillages

4e édition pour ce forum dédié à l’évolution durable et viable des régions de montagne.

150 participants étaient présents, décideurs, entrepreneurs ou représentants des transports ou du tourisme.

25 intervenants ont apporté leurs réflexions: chercheurs de?l’UNIL, de l’EPFL, politiciens, concepteurs de?projets.

10 présentations autour de la mobilité durable.

3 tables rondes ont fait le point sur les enjeux, les idées innovantes, mais toujours tributaires de?leurs coûts et perspectives de rentabilité.

Un bilan «Nous sommes très satisfaits. Et au-delà de cette journée, notre espoir est d’aider les gens à se mettre en lien pour aller vers des réalisations concrètes», note Corinne Feuz, coordinatrice. L’an prochain, le forum aura pour thème «smart villages», sur l’apport possible des technologies connectées hors des villes.

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