Le ministre turc a renoncé à la Suisse

Relations internationalesLes Pays-Bas ont interdit des rencontres électorales, ce qui a généré des tensions. En Suisse, la réunion a eu lieu.

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Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavusoglu, n’est pas venu en Suisse. Il a reporté sa visite, prévue dimanche, à une date indéterminée, a révélé la SonntagsZeitung . L’Union des démocrates turcs européens (UETD), organisatrice de l’événement, n’a pas précisé les raisons de ce report.

Les Turcs devront se prononcer le 16 avril sur le renforcement des pouvoirs accordés au chef de l’Etat. Mevlüt Çavusoglu était attendu pour vanter la réforme promue par le président, Recep Tayyip Erdogan. Un rassemblement prévu à l’Hôtel Hilton à Opfikon (ZH) avait toutefois été annulé par l’établissement.

«Soulagement» zurichois

Le directeur zurichois de la sécurité, Mario Fehr, a exprimé son «grand soulagement». Les autorités cantonales avaient fait savoir qu’elles ne souhaitaient pas cette visite par crainte de débordements. Interpellé, le Conseil fédéral avait estimé qu’il n’y avait pas lieu d’interdire cette visite. Cette position a été défendue samedi par le ministre des Affaires étrangères, Didier Burkhalter, à la RTS. Selon lui, il ne faut pas limiter la liberté d’expression.

Les autorités néerlandaises, elles, adoptent un autre ton. Samedi, elles ont empêché Mevlüt Çavusoglu d’atterrir à Rotterdam puis ont raccompagné la ministre turque de la Famille à la frontière allemande. Des affrontements ont suivi entre des manifestants pro-Erdogan et la police; dans le même temps, les autorités turques ont fait fermer l’ambassade des Pays-Bas à Ankara. «Ils auront naturellement à en payer le prix», a réagi Recep Tayyip Erdogan, qui a aussi dénoncé des «vestiges du nazisme». Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a pour sa part exclu de présenter des excuses de la part du gouvernement pour avoir expulsé une ministre. Mais il a appelé à une «désescalade» de la crise diplomatique.

Polémique en France

Mevlüt Çavusoglu, lui, est arrivé samedi soir à Metz, en France, où il devait participer dimanche à une réunion, ce qui a provoqué une polémique chez nos voisins. Dans d’autres pays, dont l’Allemagne et l’Autriche, des réunions ont été annulées, suscitant à chaque fois la colère d’Erdogan. La SonntagsZeitung détaille en revanche les visites en Suisse de politiciens turcs du parti au pouvoir AKP, venus ces derniers temps promouvoir la réforme constitutionnelle.

Vendredi soir, le vice-président de l’AKP d’Istanbul a pu participer à un meeting de campagne à Opfikon (ZH), auprès de l’organisation d’entrepreneurs turcs Müsiad Suisse. Il aurait aussi dû s’exprimer à Spreitenbach (AG) à un meeting de l’UETD. Invoquant d’importants risques sécuritaires, les autorités argoviennes ont empêché la tenue de l’événement. Le politicien aurait encore dû se rendre à Zurich-Affoltern, où le meeting était annoncé comme «fête de famille». La Ville de Zurich a retiré son autorisation.

Inquiétudes d'élus fédéraux

Ce week-end, les journaux se font l’écho de ce contexte tendu et des relais d’Erdogan en Suisse. Vendredi, des élus fédéraux s’inquiétaient déjà de l’activisme de l’Etat turc en Suisse et les Verts appelaient le Ministère public de la Confédération et le Conseil fédéral à réagir (lire ici).

La NZZ am Sonntag révèle que deux ressortissants turco-suisses ont été retenus à la douane de l’aéroport d’Istanbul – une information confirmée par le Département fédéral des affaires étrangères. L’un entrait en Turquie, l’autre en sortait. Ils ont finalement pu quitter le pays. Selon le dominical, les deux hommes sont considérés par Ankara comme des critiques d’Erdogan. Ils auraient été interceptés en raison d’un réseau d’espionnage turc en Suisse. Plusieurs organisations turques en Suisse nient toutefois une telle activité.

Créé: 12.03.2017, 21h52

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