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PollutionLe mercure inquiète les députés valaisans

Le Grand Conseil valaisan a débattu jeudi de la pollution au mercure qui affecte la région de Viège. Les députés se prononceront vendredi sur une éventuelle commission d'enquête parlementaire.

Le gouvernement valaisan a relevé que Lonza s'est engagé à préfinancer l'assainissement des sols présentant une concentration en mercure dès 2 mg/kg.
Le gouvernement valaisan a relevé que Lonza s'est engagé à préfinancer l'assainissement des sols présentant une concentration en mercure dès 2 mg/kg.
ARCHIVES, Keystone

La pollution au mercure dans la région de Viège était au centre d'un débat spécial jeudi après-midi au Grand Conseil valaisan. Quelque 25 interventions ont été traitées en une petite heure. Les députés se prononceront ce vendredi sur une éventuelle commission d'enquête parlementaire.

Le débat spécial sur la pollution au mercure qui affecte la région de Viège s'est déroulé rapidement et sereinement. Les députés avaient reçu par écrit en début de session déjà les réponses du gouvernement à leurs nombreuses interventions ainsi qu'une volumineuse documentation, et rares sont ceux qui ont demandé à prendre la parole.

Dans leurs interventions écrites, les députés ont fait part de leurs interrogations et inquiétudes. Ces dernières portaient notamment sur l'impact de la pollution sur la santé, sur le financement des assainissements ou encore sur l'inscription au cadastre des sites peu pollués.

Impact sur la santé

Le gouvernement a rappelé qu'une étude sur l'impact de la pollution sur la santé a été confiée à l'Université de Zurich. Les résultats seront disponibles fin 2015. Concernant les employés de Lonza, «les analyses sur une possible contamination relèvent de la Suva» et non de la santé publique.

En ce qui concerne les denrées alimentaires, le Conseil d'Etat a rappelé que les légumes analysés ont montré une teneur en mercure «légèrement plus élevée» que celle de plantes provenant de sols non pollués. Les experts consultés ont considéré que manger ces légumes «n'est pas critique pour la santé».

«Le bétail de la région de Viège est sain», a encore souligné le Conseil d'Etat. De plus, aucune trace de mercure n'a été trouvée dans les échantillons de lait cru, de viande de boeuf ainsi que d'eau potable. Certains échantillons de seigle et d'abats de boeufs montraient des traces de mercure, «tout en respectant les valeurs limites fixées» par la Confédération.

Lonza préfinance

Le gouvernement a relevé que Lonza s'est engagé à préfinancer l'assainissement des sols présentant une concentration en mercure dès 2 mg/kg. Et ceci même si l'entreprise chimique ne reconnaît pas de responsabilité dans la pollution au mercure des sols entre Viège et Niedergesteln.

En revanche, le canton ne peut légalement exiger l'assainissement des sites présentant une concentration comprise entre 0,5 et 2 mg/kg. Le gouvernement est toutefois «disposé à rechercher une solution à l'amiable avec Lonza, les communes et les propriétaires» concernés.

Qui savait quoi?

Un bruit court selon lequel Lonza aurait, au début des années 1960 déjà, rendu le canton et les communes attentifs au fait que les boues prélevées dans le canal d'évacuation étaient polluées. «Un tel écrit n'est pour l'heure pas connu des autorités», a affirmé le canton.

Le gouvernement a indiqué que la présence de mercure a été «discutée dans les médias en 1979». Elle a été traitée par le Grand Conseil en 1980, après que le canton a disposé des moyens techniques pour mesurer le mercure.

Inscription au cadastre

Les sites pollués ne doivent être assainis que s'ils présentent un danger pour l'homme et l'environnement. En revanche, tous les sites pollués doivent être inscrits au cadastre des sites pollués, a rappelé le gouvernement.

Ce dernier point, vivement contesté par les propriétaires de parcelles faiblement polluées, vise «à garantir la transparence». Ainsi, personne ne peut acheter un site pollué à son insu ni ne peut déplacer des matériaux pollués sans contrôle, a souligné le canton.

Certains députés ont demandé que soit supprimée la distinction entre sites contaminés (nécessitant un assainissement) et pollués. Une décision qui entraînerait l'assainissement de toutes les parcelles.

Selon le canton, cette demande n'est pas raisonnable. Elle exigerait de nombreuses modifications légales mais aussi le financement de l'assainissement de plus de 35'000 sites pollués en Suisse.

Eventuelle CEP

La gauche et l'UDC ont chacune déposé une résolution demandant la constitution d'une commission d'enquête parlementaire (CEP). Cette dernière vise à faire toute la lumière sur d'éventuels dysfonctionnements importants de l'administration dans ce dossier.

Pour le conseiller d'Etat Jacques Melly, une CEP serait inutile et contre-productive. Le Grand Conseil se prononcera vendredi.

ats

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