Les médecins ne veulent pas d'un nouveau moratoire

Cabinets médicauxDéçue par la proposition du Conseil fédéral allant dans le sens d'un moratoire sur l'ouverture de nouveaux cabinets médicaux, l'association des médecins suisses préférerait que les cantons gèrent eux-mêmes le problème.

Jacques de Haller, président de la Fédération suisse des médecins (FMH):

Jacques de Haller, président de la Fédération suisse des médecins (FMH): "Laissons les cantons gérer ce problème!" Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Réintroduire la clause du besoin à l'ensemble du pays n'est pas une bonne idée, estime la Fédération suisse des médecins (FMH). Même pour une durée transitoire. L'organisme faîtier déplore que la proposition des cantons, qu'il soutenait, n'ait pas été retenue par le ministre de la santé Alain Berset. Les précisions de Jacques de Haller, président de la FMH.

la Tribune de Genève: - Pourquoi la proposition du Conseil fédéral d'instaurer un moratoire provisoire ne vous plaît pas?

Jacques de Haller: Je salue le fait que le Conseil fédéral agisse. Il fallait faire quelque chose pour limiter l'ouverture des cabinets, cela tombe sous le sens et nous sommes tous d'accord. Mais vouloir réchauffer le même moratoire qui a déjà été en vigueur pendant neuf ans pour trois années supplémentaires, c'est très décevant! Franchement, ce n'est pas la bonne solution.

la Tribune de Genève: - Et quelle serait la bonne solution selon vous?

Un moratoire national est trop rigide. De plus, il est plus ou moins appliqué par les cantons, soit avec beaucoup de rigidité, soit avec laxisme. Ces dernières années, Genève l'a par exemple scrupuleusement appliqué pendant que le nombre de cabinets a augmenté de 30% dans certaines régions du Nord-Est de la Suisse... Notre proposition consistait à transférer la compétence aux cantons eux-mêmes.

Libre à eux de définir la manière dont ils souhaitent intervenir, parce qu'ils connaissent leur terrain, leur population et ses besoins. C'est ce que nous avons proposé avec la CDS (Conférence des directeurs cantonaux de la santé) en septembre. Régler cela dans les bureaux de la Berne fédérale c'est se tenir loin du terrain.

la Tribune de Genève: - Pourtant le projet à long terme d'Alain Berset est d'instaurer un pilotage en partenariat avec les cantons.

Cela va peut-être venir mais pas avant trois ans! En attendant, c'est la quatrième fois qu'on réchauffe une mesure qui n'a aucun effet positif. Le moratoire fédéral pose une avalanche de problèmes. Il a par exemple bloqué les médecins en milieu hospitalier et visé tous les spécialistes sans distinction.

Or, on observe qu'il manque sérieusement de gynécologues dans certaines régions. Alain Berset nous explique que beaucoup de psychiatres sont en train de s'installer: c'est parfaitement vrai... mais vous n'en trouvez toujours pas un de libre quand vous en avez besoin!

Créé: 24.10.2012, 16h07

Articles en relation

Il y aura un nouveau moratoire sur les cabinets médicaux

Surenchère Cette mesure urgente serait limitée aux spécialistes. Alain Berset veut ainsi parer au plus pressé avant la mise en place d'une solution plus globale de pilotage de l'offre. Plus...

Le PS veut endiguer le flot des médecins sur Genève et Vaud

Santé Depuis l'abolition de la clause du besoin, les ouvertures des nouveaux cabinets de médecins explosent. Le PS exige que les cantons puissent stopper ce flot afin que les coûts de la santé restent supportables. Plus...

Près de 1300 nouveaux cabinets autorisés

Santé La ruée se poursuit: de janvier à fin juillet, 1296 médecins ont obtenu l'autorisation d'ouvrir un nouveau cabinet. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Les grands partis désemparés
Plus...