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ZurichDes médecins opéreraient inutilement des patients

A Zurich, des praticiens pratiqueraient des opérations pour contourner les mesures d'austérité du canton de Zurich. Et gagner plus d'argent.

Des médecins contourneraient sur le table d'opération des mesures d'économies du canton de Zurich.
Des médecins contourneraient sur le table d'opération des mesures d'économies du canton de Zurich.
Keystone

L'accusation que lance le Tages-Anzeiger ce lundi est grave: selon le quotidien zurichois, des médecins zurichois opéreraient plus que nécessaire dans le but de maintenir les patients à l'hôpital et gagner ainsi plus d'argent. Ils contourneraient ainsi les mesures d'austérité imposées par le canton depuis le début de l'année.

Des hernies inguinales

Le Tagi cite ainsi le cas des hernies inguinales. Il s'agit du développement d'un tissu mou qui forme un renflement au niveau d'une zone fragile des muscles abdominaux. Les symptômes se manifestent par une douleur, en particulier quand la personne tousse, se penche ou soulève un objet lourd. Parfois de telles hernies s'estompent d'elles-mêmes, mais parfois il faut les opérer. Il s'agit d'une opération bénigne qui se pratique en une trentaine de minutes.

Depuis le début de l'année, les hôpitaux de soins aigus du canton de Zurich ne sont autorisés à la pratiquer qu'en ambulatoire, tout comme 14 autres interventions. Ces mesures représentent une économie de 10 millions de francs, a calculé le canton. Il faut dire que lorsqu'un patient est hospitalisé, le canton doit prendre à sa charge 55% des coûts. Quand il est traité en ambulatoire, c'est l'assurance qui prend en charge l'intégralité des frais.

L'ambulatoire ne rapporte pas assez

Hic pour les hôpitaux: une opération en ambulatoire est bien moins chère qu'une hospitalisation classique. Et les établissements ne gagnent rien ou presque. Ils ont d'ailleurs dû revoir leur budget en conséquence à la baisse pour 2018. La mesure est donc très douloureuse pour eux mais aussi pour les chirurgiens qui perdent ainsi des patients au bénéfice d'une assurance complémentaire, explique le Tagi.

Car si ces derniers passent la nuit à l'hôpital, ils peuvent alors facturer des coûts supplémentaires élevés et les hôpitaux peuvent leur imputer des frais hôteliers conséquents. En revanche, en ambulatoire, il n'y a qu'un seul tarif applicable, quel que soit le degré d'assurance du patient.

Il existe donc une forte incitation financière à hospitaliser les patients souffrant d'une hernie inguinale, surtout s'ils ont une assurance semi-privée ou privée. D'autant que la pratique est permise pour autant que les médecins puissent traiter deux hernies inguinales en même temps.

Du coup, selon les sources du Tagi, de plus en plus de praticiens opéreraient une 2e hernie, même si elle ne pose pas de problème au patient. Les connaisseurs de la branche observeraient ce phénomène, tant dans les hôpitaux publics que privés.

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