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SuisseUn 1er mai sous le signe du salaire minimum

La Fête du Travail a battu son plein jeudi en Suisse. A Zurich, le traditionnel cortège n'avait plus rassemblé autant de monde depuis longtemps.

«La menace aujourd'hui, c'est une Suisse de la réaction», a martelé Christian Levrat à Zurich.   (1er mai 2014)
«La menace aujourd'hui, c'est une Suisse de la réaction», a martelé Christian Levrat à Zurich. (1er mai 2014)
Keystone
Alain Berset a pris la parole à Thoune. (1er mai 2014)
Alain Berset a pris la parole à Thoune. (1er mai 2014)
Keystone
La fête du travail est placée cette année sous le signe du salaire minimum. (Zurich, 1er mai 2014)
La fête du travail est placée cette année sous le signe du salaire minimum. (Zurich, 1er mai 2014)
Keystone
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Le salaire minimum était de tous les discours. Les syndicats enfoncent le clou avant la votation du 18 mai prochain. Le débat sur les rentes vieillesse et les dégâts d'une société à deux vitesses ont aussi retenu l'attention des tribuns.

Le 1er mai, seule fête non religieuse célébrée sur toute la planète, a battu son plein jeudi en Suisse. A Zurich, le traditionnel cortège n'avait plus rassemblé autant de monde depuis longtemps: quelque 14'000 personnes y ont pris part.

Longeant les bords de la Limmat, il a rejoint pacifiquement l'élégante Sechseläutenplatz, emmené par le président du parti socialiste Christian Levrat qui marchait derrière la banderole «bon travail - salaire minimum» .

Dans son allocution, le Fribourgeois s'est fait l'écho du traumatisme de l'après 9 février. «La menace aujourd'hui, c'est une Suisse de la réaction. C'est l'abandon de notre tradition humanitaire. C'est un isolement politique suicidaire en Europe. C'est le retour au statut de saisonnier. C'est une renaissance du machisme et de l'autoritarisme», a-t-il martelé.

Comme à l'accoutumée, de nombreux magasins s'étaient barricadés en prévision d'une possible contre-manifestation violente. Au final, seuls une centaine d'extrémistes de gauche se sont réunis vers 15h00 sur l'Helvetiaplatz, où ils ont aussitôt été encerclés par la police. Une heure plus tard, ils se sont dispersés.

La gauche en campagne

Les différents tribuns de la gauche et des syndicats, comme le co-président d'Unia Renzo Ambrosetti à Fribourg et Katharina Prelicz-Huber, la présidente du SSP à Olten (SO), ont fait des appels du pied en faveur du salaire minimum. A Fribourg, la conseillère nationale Maria Bernasconi (PS/GE) a fait de même, tout comme sa collègue de parti vaudoise Ada Marra à La Chaux-de-Fonds (NE) et Yverdon-les-Bains (VD).

L'initiative AVSplus, un texte qui vise à augmenter de 10% le niveau des rentes, a également été mise en avant. Et l'USS de moucher le projet du conseiller fédéral Alain Berset: «Le projet 'Prévoyance vieillesse 2020' entraîne une dégradation des prestations AVS avec le relèvement de l'âge de la retraite des femmes et la remise en question de la compensation du renchérissement.»

Vision européenne

Invité à Nuremberg (D) par un syndicat allemand, le président de l'USS et conseiller aux Etats Paul Rechsteiner (PS/SG) a élargi sa réflexion au continent européen. «Le projet d'une Europe sociale est menacé quand 120 millions d'Européens vivent au-dessous du seuil de pauvreté: la division de l'Europe entre le Nord et le Sud a remplacé celle entre l'Est et l'Ouest».

Alain Carrupt, le président de syndicom, le syndicat des médias et de la communication, a mis le doigt à Fleurier (NE) sur le renforcement des inégalités en rappelant que «les 67 personnes les plus riches du monde possèdent autant de fortune que la moitié la plus pauvre de la population, soit 3,5 milliards de personnes».

Les conseillers fédéraux sur le terrain

Les deux conseillers fédéraux socialistes ont profité du 1er mai pour aller sur le terrain. Simonetta Sommaruga a visité une usine à Bellach (SO). Elle s'est entretenue avec une douzaine des 215 employés de cette fabrique d'outils de fraisage. La ministre et le patron de cette entreprise ont souligné l'importance de la formation initiale et de la formation continue.

Alain Berset était lui à Thoune (BE). Depuis la crise financière, la stabilité sociale a regagné en importance, a dit le Fribourgeois. Le système de sécurité sociale doit être réformé afin que le moins possible d'insécurité surgisse. Il est facile de dire non au progrès social et à des rentes sûres mais «dire seulement non n'a pas d'avenir», a-t-il estimé.

Barbouillages à Bâle

A Bâle, le cortège a réuni quelque 1500 personnes dans une atmosphère majoritairement pacifique. Quelques dizaines de protestataires cagoulés ont barbouillé de peinture le siège du Département de justice et police. La police veillait au grain à distance. A Berne aussi, 1500 personnes se sont rassemblées sur la Place fédérale.

A Genève de même, 1500 personnes ont défilé en musique, avec en ligne de mire le salaire minimum à 4000 francs, «la vraie frontière contre les bas salaires». Le parti socialiste était largement représenté avec en tête de délégation la conseillère d'Etat Anne Emery-Torracinta. La fête s'est poursuivie dans la soirée au Parc des Bastions.

A Lausanne, plus de 700 personnes se sont réunies sur la place de la Riponne. Auparavant, ces mêmes travailleurs s'étaient rassemblés dans les hauts de la ville où ils ont écouté les conseillers d'Etat socialistes Nuria Gorrite et Pierre-Yves Maillard.

Ruth Dreifuss à Sion

Pierre-Yves Maillard s'est ensuite rendu à Sion, où il a déclaré qu'il faut se détourner du modèle néolibéral, comme tente de le faire le canton de Vaud depuis plusieurs années. «Partout sur la planète, le monde ouvrier est en mouvement contre des conditions inacceptables», a relevé le président du gouvernement vaudois.

Egalement invitée dans le chef-lieu valaisan, l'ancienne conseillère fédérale Ruth Dreifuss a estimé que l'inégalité crée la crise et freine l'évolution de notre société. Il n'existe plus aujourd'hui de «consensus» pour tenter de réduire cette inégalité, a-t-elle ajouté. Les deux orateurs ont été très applaudis par les quelque 200 personnes présentes.

ats

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