Le gouvernement bernois va-t-il basculer à droite?

Elections complémentairesSix candidats peu connus briguent deux sièges laissés vacants par le PS au Conseil d’Etat.

De haut en bas, de gauche à droite : Pierre-Alain Schnegg (UDC), Christoph Ammann (PS), Lars Guggisberg (UDC) et Roberto Bernasconi (PS).

De haut en bas, de gauche à droite : Pierre-Alain Schnegg (UDC), Christoph Ammann (PS), Lars Guggisberg (UDC) et Roberto Bernasconi (PS). Image: DR/Keystone/DR/Keystone

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Faut-il être un petit nouveau en politique ou un taiseux pour être élu à l’Exécutif du deuxième canton le plus peuplé de Suisse? Dans la presse bernoise, comme parmi la population, la question se pose avec une certaine ironie.

Le 28 février, les Bernois devront en effet renouveler deux des sept sièges du Conseil d’Etat lors d’une élection complémentaire. L’enjeu est important: une majorité rose-verte (3 PS, 1 Vert) domine le gouvernement depuis dix ans, alors que le parlement est en mains bourgeoises. Ce scrutin pourrait bien changer la donne.

Les poids lourds restent à couvert

Pourtant, six candidats sont en lice, dont deux n’ont aucune chance: l’Evangélique Patrick Gstei­ger et le sans-parti Bruno Moser. Et parmi les quatre autres prétendants, issus du PS et de l’UDC, aucun n’est un réel poids lourd politique. A voir leurs affiches – costard-cravate sur fond blanc contre costard-cravate sur fond bleu –, certains électeurs expriment un certain dépit. Le choix est limité. «Démocratiquement, ce n’est pas une catastrophe, nuance toutefois le politologue Andreas Ladner. Lors d’élections complémentaires, il est de coutume que le parti sortant se représente et que son siège soit combattu par un parti ou l’autre, soit avant tout pour provoquer le débat, soit parce qu’une formation s’estime réellement sous-représentée, ce qui est le cas ici de l’UDC.»

Une autre raison explique encore ce rendez-vous de deuxièmes couteaux. La véritable bataille politique dans le canton de Berne se jouera en 2018, avec le renouvellement intégral du Conseil d’Etat. Trois places devraient alors se libérer. Bernhard Pulver (Verts), Barbara Egger-Jenzer (PS) et Hans-Jürg Käser (PLR) sont donnés partants. Du coup, les jeunes pousses aux dents longues de la politique bernoise (Christian Wasserfallen, Mathias Aebischer, Christa Markwalder, Evi Allemann, etc.) restent à couvert aujourd’hui.

Ammann favori

La place est ainsi libre pour des élus passés jusqu’ici sous le radar. Le PS présente Christoph Ammann et le Romand Roberto Bernasconi pour le siège réservé à la minorité du Jura bernois. Le premier est député depuis dix ans, mais le Bund a beau se creuser les méninges, il «ne se souvient plus du tout des thèmes qu’il a pu porter au Rathaus», écrit-il.

Christoph Ammann, maire de Meiringen, dans le Haslital, a néanmoins de bonnes chances d’être élu en combinant le soutien de son Oberland avec celui des villes à majorité rose-verte.

Bernasconi peu visible

Son colistier, Roberto Bernasconi, tente de rassembler autour de sa motivation. «Je ne fais peut-être pas partie des poids lourds, mais je suis prêt à amener toute mon énergie dans la fonction de conseiller d’Etat.» Il est lui aussi peu visible hors de sa commune. Il a déposé neuf interventions en sept ans de Grand Conseil.

L’UDC mise quant à elle sur Pierre-Alain Schnegg pour le siège réservé au Jura bernois et sur Lars Guggisberg pour le fauteuil alémanique. Le premier est président de l’Hôpital du Jura bernois. Entrepreneur à succès, il n’est toutefois membre du parti que depuis trois ans.

Un candidat UDC boycotté

Le deuxième, Lars Guggisberg, est surnommé le Tom Cruise du Frienisberg. Il a brûlé la politesse à des élus plus capés, après un score canon aux dernières élections fédérales. Mais il est loin de convaincre l’entier du clan bourgeois. Son problème? C’est un inconditionnel de l’initiative «Pour le renvoi effectif des étrangers criminels». Une dureté inconciliable avec une fonction exécutive, selon les jeunes PLR bernois, qui l’ont écarté de leurs recommandations de vote, tout comme le PBD.

Ce boycott est aussi affaire de calcul. Si les deux UDC sont élus le 28 février, la majorité bourgeoise serait certes reconquise, mais le parti agrarien se trouverait en position de force. «Au PLR, notre stratégie est claire: nous voulons reprendre la majorité bourgeoise au gouvernement, et pour ce faire nous soutenons le ticket UDC. Maintenant, bien sûr qu’un 4-3 (ndlr: 4 élus de droite, 3 de gauche au Conseil d’Etat) serait plus favorable à la collaboration des partis bourgeois dans la perspective des élections de 2018», explique Pierre-Yves Grivel, président du PLR bernois.

Créé: 11.02.2016, 08h59

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