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Votations 24 septembreLucerne maintient deux langues étrangères au primaire

Les citoyens devaient se prononcer ce dimanche sur une initiative réclamant la suppression d'une langue étrangère du programme de l'école primaire.

A Lucerne, l'anglais est enseigné dès la 3e année primaire et le français dès la 5e, comme c'est le cas dans la plupart des cantons alémaniques.
A Lucerne, l'anglais est enseigné dès la 3e année primaire et le français dès la 5e, comme c'est le cas dans la plupart des cantons alémaniques.
AFP

Après Nidwald et Zurich, le canton de Lucerne rejette à son tour une initiative réclamant la suppression d'une langue étrangère du programme de l'école primaire. Le gouvernement lucernois avait prévenu qu'en cas de «oui», l'anglais serait relégué à l'école secondaire.

Les citoyens ont rejeté dimanche l'initiative «Une seule langue étrangère à l'école primaire» avec une majorité de 57,64% des voix. Le taux de participation a atteint 50,3%. Dans le canton de Lucerne, l'anglais est enseigné dès la 3e année primaire et le français dès la 5e, comme c'est le cas dans la plupart des cantons alémaniques. Or, l'initiative déposée par un comité interpartis ne précisait pas quelle langue elle entendait renvoyer à l'école secondaire.

Cohésion nationale

Durant la campagne de votation, le Conseil d'Etat lucernois a mis en garde les citoyens: s'ils approuvaient l'initiative, l'enseignement du français aurait été maintenu à l'école primaire au nom de la cohésion nationale. C'est donc l'anglais qui aurait fait les frais d'une telle décision.

L'exécutif zurichois avait fait de même avant la votation du 21 mai sur une initiative identique, que les citoyens ont rejetée. Il y a deux ans, les Nidwaldiens ont aussi dit «non», alors que leur gouvernement avait pris fait et cause pour l'anglais au détriment du français.

Risque d'isolement

Le gouvernement et le Parlement lucernois s'opposaient à l'initiative. Selon eux, le canton risquait de s'isoler au niveau de son système scolaire et de ses compétences linguistiques. Le multilinguisme est indispensable et une chance pour la Suisse, rappelaient les opposants.

Les initiants répliquaient que le concept d'enseignement des langues étrangères de la Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP) a échoué. Les objectifs de formation ne sont pas atteints, l'enseignement actuel des langues étrangères est inefficace. Pire, il affaiblit des branches comme l'allemand et les mathématiques.

Grisons et Bâle-Campagne

Des initiatives similaires ont été déposées aux Grisons et à Bâle-Campagne. Dans ce dernier canton, l'anglais est nommément visé.

Ces dernières années, la volonté du Parlement thurgovien de supprimer l'enseignement du français à l'école primaire a fait couler beaucoup d'encre. Il a finalement renoncé à cette mesure en juin dernier, en seconde lecture après l'avoir approuvée un mois plus tôt, suite à une motion adoptée en ce sens en 2014.

Fin août, le Parlement zougois a lui aussi chargé l'exécutif de lui proposer un projet de suppression de l'enseignement du français à l'école primaire. Seul un tiers des voix étaient nécessaires pour approuver la motion. Le texte n'a toutefois pas obtenu de majorité. Les chances qu'un projet de ce type soit adopté au final par le législatif sont donc faibles.

Principe datant de 2004

Le principe de l'enseignement de deux langues étrangères à l'école primaire, dont une langue nationale, date de 2004. La CDIP avait alors adopté ce modèle.

La décision avait dans la foulée déjà causé une levée de boucliers dans les cantons alémaniques. Dans plusieurs d'entre eux (Zoug, Schaffhouse, Thurgovie, Zurich), des initiatives visant à supprimer une des deux langues avaient été refusées par le peuple.

ats

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