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Logements abordables: deux visions s'affrontent

Les Suisses départageront les partisans et opposants à l'initiative pour des logements abordables, le 9 février.

Le peuple tranchera le 9 février entre deux visions idéologiques sur l'initiative «Davantage de logements abordables».
Le peuple tranchera le 9 février entre deux visions idéologiques sur l'initiative «Davantage de logements abordables».
Keystone

La Confédération et les cantons pourraient être contraints de construire davantage d'habitations à loyer modéré. Les premiers sondages sont favorables à l'initiative de l'Association suisse des locataires (ASLOCA). Mais c'est le peuple qui tranchera le 9 février entre deux visions idéologiques.

Si les Suisses acceptent l'initiative «Davantage de logements abordables», la part des nouveaux logements d'utilité publique, notamment des coopératives d'habitation, devra atteindre 10% du parc immobilier suisse. Pour y parvenir, cantons et communes pourront faire valoir un droit de préemption pour acquérir en particulier des immeubles de la Confédération ou d'entreprises qui lui sont liées, comme les CFF ou La Poste.

Les travaux de rénovation ne devraient plus se traduire par des hausses de loyers. Les pouvoirs publics devront encourager des assainissements qui n'entraînent pas la perte de logements modérés.

Stop à la spéculation

Il est temps de mettre fin à la spéculation immobilière, estiment l'ASLOCA avec la gauche, des organisations de jeunes, de personnes âgées et de l'action sociale. Alors que la majorité des locataires paient toujours plus cher pour se loger, les investisseurs engrangent des bénéfices record, argumente ce camp.

Depuis 2005, les loyers ont augmenté de près de 19% et grèvent le pouvoir d'achat des familles. Le marché locatif n'a connu aucune détente. Les logements d'utilité publique offrent des loyers non soumis à la loi du rendement et des profits rapides.

Porter leur part de moins de 5% à 10% à l'échelle nationale permettra à la population d'économiser jusqu'à 150'000 francs de loyer sur une vie, assurent les défenseurs du texte. C'est également un investissement rentable pour les communes et les cantons qui achètent les terrains qu'ils confient aux coopératives.

Sans compter les avantages écologiques de l'initiative. Dans les logements bâtis de manière durable, les locataires utilisent en moyenne moins de surface habitable. Grâce au texte, la rénovation énergétique indispensable des immeubles ne conduira pas à une explosion des loyers, les coûts seront répartis de manière équitable.

Intervention contreproductive

Il n'y a pas lieu d'intervenir. La Suisse dispose de suffisamment de logements de qualité à des prix abordables, critiquent le Conseil fédéral et la majorité bourgeoise du Parlement. Le marché s'est considérablement détendu depuis le lancement de l'initiative et présentait en 2019 un taux de vacance moyen record sur 20 ans de 1,66%.

Un quota rigide de logements d'utilité publique serait contreproductif car il ne permettra pas une adaptation aux spécificités locales du marché locatif. Les cantons et les communes peuvent déjà corriger le tir si nécessaire, des possibilités de préemption existent déjà.

Irréaliste

La part de logements abordables visée est de toute façon irréaliste. Il faudrait accroître considérablement le soutien des cantons et de la Confédération, ce qui obligerait cette dernière à débourser 120 millions de plus par an.

Les opposants craignent aussi que l'initiative décourage les propriétaires de réaliser des assainissements énergétiques et ralentisse la réalisation de la stratégie énergétique 2050. Les travaux augmentant le confort des locataires, les hausses de loyers sont justifiées, les charges diminuent en parallèle, font-ils valoir.

Et de dénoncer que seule une petite minorité profitera de l'initiative. Un quart seulement des occupants de logements subventionnés font partie des 20% les moins aisés de la population. Il serait beaucoup plus efficace de soutenir les familles les plus modestes par des aides directes.

Renforcer la politique actuelle

La politique actuelle d'encouragement à la construction de logements d'utilité publique a fait ses preuves, estime le camp du «non». Pour contrer l'initiative, le Conseil fédéral et le Parlement ont décidé de renforcer les efforts en ce sens.

Un crédit supplémentaire de 250 millions de francs devrait alimenter pendant 10 ans le fonds de roulement existant qui octroie des prêts en faveur de la construction de logements d'utilité publique. Mais il ne sera débloqué que si le peuple refuse l'initiative.

(ats)

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