Lisa Mazzone: «Le vélo déchargera les routes»

Votations 23 septembreLa conseillère nationale verte genevoise fait partie de l'alliance qui roule pour l'arrêté fédéral sur les pistes cyclables. Elle explique pourquoi.

Lisa Mazzone est également vice-présidente de l'association Transports et Environnement (ATE).
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Les cyclistes ne doivent pas être les parents pauvres de la mobilité. Inscrire la petite reine dans la Constitution permettra à la Suisse de rattraper son retard d'aménagement et rendra les routes plus sûres. C'est le credo qu'a martelé jeudi une vaste alliance en faveur du «oui» à l'arrêté fédéral concernant les voies cyclables et les chemins et sentiers pédestres soumis au peuple le 23 septembre. Parmi les défenseurs du contre-projet à l'initiative Pro Velo, la conseillère nationale verte Lisa Mazzone, également vice-présidente de l'Association Transport et Environnement (ATE). Interview.

la Tribune de Genève: La voie royale semble s'ouvrir pour les partisans d'un «oui» au texte le 23 septembre. Seule l'UDC est sceptique sur son utilité. Comment expliquez-vous cet engouement?

Lisa Mazzone: Je crois qu'il y a un besoin de compléter la Constitution. Elle comporte actuellement un article qui comprend la marche à pied et qui permet à la Confédération d'intervenir pour assurer la qualité et la sécurité du réseau des chemins pédestres. Ce besoin est reconnu pour le vélo également. On ne peut que se réjouir que l'alliance soit si large.

Un sondage a montré que le «oui» l'emporterait à 64%. Mais un autre a révélé qu'il n'y avait que 48% d'avis favorables contre 44% de «non». Cela veut dire qu'il y a aussi de nombreux mécontents qui râlent après le vélo...

Il faut être pragmatique. La Confédération prévoit que le nombre de déplacements en général va augmenter de manière importante ces prochaines années. Notre pays est petit, dense, et nous n'avons pas beaucoup de place. Plus on a des gens à vélo, moins les routes seront encombrées. Le vélo déchargera donc les routes. On voit donc qu'il est nécessaire non seulement sur le plan d'aménagement du territoire mais aussi sur le plan du climat. On l'a vécu cet été, la canicule et la sécheresse ont engendré des coûts importants. On doit répondre à cet enjeu. Or les transports représentent un tiers des émissions de CO2 de la Suisse. On doit donc faire évoluer la mobilité et cela passe par le vélo.

Faire des pistes cyclables, ce ne sera pas partout possible, ou alors cela se fera au détriment des routes qui pourraient devenir plus étroites, engendrant donc plus de bouchons notamment dans les villes...

Le taux de motorisation a diminué d'environ 12% dans les villes ces dernières années. On constate peu à peu que le vélo est devenu le moyen de transport le plus pratique. Mais pour pouvoir rouler en bicyclette, il faut des aménagements sûrs et il faut garantir la sécurité et la continuité des aménagements cyclables. C'est le sens de cet arrêté fédéral sur le vélo. Les études le montrent: à chaque fois que l'on inaugure une piste cyclable, de nouvelles personnes optent pour le vélo. Ce n'est pas que les gens n'avaient pas envie de pédaler avant, mais parfois ils n'osaient pas s'y mettre pour des raisons de sécurité. Et c'est le rôle de la Confédération de garantir cette sécurité.

L'arrêté fédéral n'est pas contraignant et les cantons et les communes resteront libres d'aménager ou pas des pistes cyclables. Pensez-vous que tout le monde jouera le jeu?

On voit que parmi les 26 cantons, 23 ont des délégués au vélo, soit des personnes qui sont en charge de mettre en place des infrastructures pour les cyclistes. La volonté dans les cantons existe donc. Avec l'introduction du vélo dans la Constitution, on reconnaîtra vraiment son rôle pour la mobilité. Et cela c'est essentiel. En outre, le plébiscite que j'espère de la part du peuple le 23 septembre pourrait aussi donner un signal aux cantons et aux communes, en particulier du côté romand!

Aménager des pistes cyclables un peu partout va avoir un coût. Qui va payer?

On estime le coût lié à cette votation à un peu moins de 2 millions de francs. C'est donc minime. L'avantage des pistes cyclables c'est qu'on peut souvent faire des aménagements de qualité à moindre coût par rapport à une route destinée au trafic motorisé. Mais l'enjeu de cette votation est de montrer une volonté politique. Et le signal est clair: des milieux touristiques à ceux de la santé ou de l'environnement, tout le monde soutient ce texte.

(nxp)

Créé: 23.08.2018, 14h23

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