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Suisse«Lies!» et ses clones ne seront pas interdits

Le Conseil des Etats n'a pas donné suite à une motion qui demandait l'interdiction des «séances de recrutement» au djihadisme sous couvert de distribution de corans dans la rue.

Le Conseil des Etats rappelle que les communes et les cantons ont déjà la possibilité d’interdire des actions telles que celles qui ont été menées par «Lies!».
Le Conseil des Etats rappelle que les communes et les cantons ont déjà la possibilité d’interdire des actions telles que celles qui ont été menées par «Lies!».
Keystone

L'organisation «Lies!» pourra continuer à distribuer des corans dans la rue et sur Internet. Le Conseil des Etats a tacitement enterré mercredi une motion du National exigeant son interdiction.

Le texte déposé par Walter Wobmann (UDC/SO) demandait l'interdiction des «séances de recrutement» au djihadisme sous couvert de distribution de corans dans la rue ou sur Internet. Il ciblait tout particulièrement «Lies!» et les autres organisations similaires.

Si les députés avaient accepté le projet, les sénateurs avaient suspendu en mars 2018 l'examen du dossier. Ils voulaient attendre le projet du gouvernement sur les mesures policières contre le terrorisme. Ce dernier étant sur la table, ils ont de nouveau empoigné le texte.

Moyens suffisants

Grâce aux nouvelles mesures, «les autorités se verront dotées de moyens suffisants pour mettre un terme aux activités des personnes participant au recrutement de voyageurs du djihad ou incitant autrui à se livrer à des actes terroristes», a souligné Josef Dittli (PLR/UR) au nom de la commission. La motion n'est dès lors plus nécessaire.

D'autant plus qu'aucune activité particulière de «Lies!» n'a été observée en Suisse, a-t-il ajouté. «Si d’autres organisations ont récemment pris part à la distribution de corans, il n’existe pas non plus de lien établi entre ces actions et la radicalisation conduisant au terrorisme.»

Les communes et les cantons ont par ailleurs déjà, si nécessaire, la possibilité d’interdire des actions telles que celles qui ont été menées par «Lies!», a-t-il encore avancé.

Pas une menace

Egalement opposée à la motion, la ministre de la Défense, Viola Amherd, a noté que les actions de distribution du coran, prises isolées, ne constituent pas en soi une menace pour la sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse. La liberté d'opinion et de croyance ainsi que la liberté de réunion et d'association prévalent.

Pour pouvoir interdire «Lies!», il faudrait prouver l'existence d'une structure organisationnelle en Suisse. La campagne n'en est pas moins dans le viseur du Conseil fédéral. Et Viola Amherd de souligner que la loi sur le renseignement est en cours de révision. La réforme pourrait autoriser l'interdiction d'une organisation liée au terrorisme ou à l'extrémisme violent.

ats

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