Les assureurs jugent les réformes du système de santé trop chères

La faîtière SantéSuisse craint en particulier l’impact du nouveau système tarifaire médical.

«Le système est guidé par l’égoïsme et l’intérêt personnel.» Heinz Brand, président de SantéSuisse, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère dans la presse dominicale.

«Le système est guidé par l’égoïsme et l’intérêt personnel.» Heinz Brand, président de SantéSuisse, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère dans la presse dominicale. Image: MARIUS AFFOLTER

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Les réformes prévues dans le domaine de la santé engendreront «des dépenses supplémentaires de 10 milliards par année» si elles se concrétisent. Heinz Brand, président de SantéSuisse, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère dans la presse dominicale. La faîtière d’assureurs (Assura, Visana, Groupe Mutuel, notamment) calcule même une hausse potentielle de plus 30% des primes maladie si tous les surcoûts ne devaient être assumés que par les assurés.

Dans le collimateur de SantéSuisse figure en particulier le nouveau système tarifaire Tardoc, qui doit remplacer le très décrié Tarmed. À lui seul, il contribuerait aux surcoûts à hauteur de 3 milliards par an, affirme Heinz Brand dans le «SonntagsBlick».

Ce Tardoc, c’est le projet de facturation des prestations ambulatoires élaboré par la Fédération des médecins suisses (FMH) et les assureurs réunis au sein de Curafutura, l’autre faîtière nationale (CSS, Helsana, KPT et Sanitas). Les partenaires, qui espèrent une entrée en vigueur en 2021, l’ont remis vendredi dernier au Conseil fédéral. Les prestations purement stationnaires ont été supprimées et le catalogue de prestations réduit. Mais l’une des deux variantes proposées ne mise pas suffisamment sur les forfaits, selon SantéSuisse. Cette dernière travaille donc sur son propre projet, qu’elle juge plus favorable aux patients.

Heinz Brand critique par ailleurs l’initiative populaire pour des soins infirmiers forts, dont le parlement devra bientôt débattre. Selon le président de SantéSuisse, l’application de ce texte entraînerait chaque année des dépenses supplémentaires de 5 milliards de francs. Le conseiller national (UDC/GR) craint aussi les conséquences de l’approbation de nouveaux et onéreux médicaments contre le cancer. Le remboursement de ces traitements via l’assurance maladie obligatoire pourrait engendrer des coûts supplémentaires de 1 milliard de francs.

Enfin, d’autres projets en cours – dont l’accès facilité aux prestations des psychologues – pourraient aussi coûter un milliard de plus, selon la faîtière présidée par Heinz Brand. D’où le montant global de 10 milliards articulé par ce dernier. Il enfonce le clou: «Le système est guidé par l’égoïsme et l’intérêt personnel. La charge pèsera doublement sur la classe moyenne, via les primes et les impôts.»

Créé: 14.07.2019, 20h00

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