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Lausanne redessine son quartier de la prostitution

Le nouveau périmètre autorisé pour le racolage est jugé insuffisant par les Verts et l’extrême gauche. Le PS ne les suit pas.

L’alliance de gauche va traverser une turbulence, mardi soir, au Conseil communal de Lausanne. Le dossier très épineux de la prostitution est à l’ordre du jour. Et sur la question, le PS se distancie des Verts et d’Ensemble à Gauche. Le dossier, très attendu, a longtemps été dans les mains du syndic, Grégoire Junod, socialiste et ancien responsable de la police. Il est aujourd’hui sous la houlette du PLR Pierre-Antoine Hildbrand. De quoi calmer les éventuelles velléités des deux grands partis?

Ils annoncent en tout cas qu’ils soutiendront le préavis qui assoit la nouvelle politique de la ville en matière de prostitution. Et qu’ils tourneront très majoritairement le dos à deux propositions des Verts. La première, touche au cœur du dossier: le périmètre dans lequel les activités des travailleurs et travailleuses du sexe peuvent légalement avoir cours. Il passera de 1700 m entre la rue de Genève, Sébeillon et Sévelin, à 700 mètres. Sur trois plus petites artères.

Fleur de Pavé, l’association qui défend les droits des prostituées, a déjà dit ses inquiétudes face à une telle réduction. Extrême gauche et Verts s’apprêtent à les relayer: conflits entre clans, manque de visibilité, risque de fuite des prostituées vers des lieux hors d’atteinte des associations et de la police. Du côté d’Ensemble à Gauche, on dénonce une volonté cachée d’abolir, à terme, la prostitution au centre-ville de Lausanne. «On veut cacher les drogués, les Roms et maintenant les prostituées, dit l’indépendant de gauche, Alain Hubler. Que voulez-vous, ce ne sont pas des électeurs!»

Au Parti socialiste, les élus se défendent de vouloir chasser la pratique de la ville. Ils jugent la zone prévue suffisante. Et estiment aussi que le développement urbanistique du secteur – tram et constructions – nécessite cet ajustement. Sans compter qu’ils ont, disent-ils, entendu les plaintes de certains habitants du quartier. Les socialistes penchent aussi pour un suivi des impacts de ce nouveau périmètre. Quitte à le modifier en cas d’échec.

Il est un autre point sur lequel la gauche sera divisée mardi. Un amendement des Verts soutenu par Ensemble à Gauche veut que les autorités étudient la possibilité d’ouvrir ou de mettre à disposition un «lieu de passe», géré par une association. Là aussi, le PS n’est majoritairement pas d’accord. «On doit investir sur beaucoup de choses dans cette ville, ce type de dépenses n’est pas la priorité, lâche la cheffe de groupe, Sarah Neumann. Je préfère qu’on construise des logements sociaux, quitte à ce que des prostituées y vivent!»

Léonore Porchet, présidente des Verts, ne cache pas son désaccord: «Il y a un problème de valeurs. Nous pensons qu’il faut impérativement intégrer les travailleurs et travailleuses du sexe dans les populations précaires.»

Sur la question d’un local destiné aux prostituées, la gauche aurait pu trouver un allié au PLR. Deux de ses membres avaient en effet demandé la création d’un local sanitaire. Demande en partie balayée par la Municipalité, du moins pour le moment. De quoi soutenir l’amendement des Verts? Le PLR Henri Klunge, à l’origine du postulat pense que oui. Mais son groupe n’est pas d’accord avec lui. «Il estime qu’il ne faut pas favoriser une activité économique par rapport à d’autres. Sinon, on se retrouve à construire des moulins pour les meuniers!»

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