La médecine d'urgence veut être plus reconnue

SuisseLe métier d'urgentiste manque de reconnaissance en Suisse. Contrairement à d'autres pays européens, ce type de médecine n'est toujours pas reconnu comme une spécialité.

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«Les Européens sont en avance sur nous», reconnaît Nicolas Beysard, médecin cadre aux urgences du CHUV, en marge lundi de la Journée européenne de la médecine d'urgence.

«La plupart des pays voisins bénéficient d'un titre de spécialiste, ce que nous n'avons pas. Nos compétences sont pourtant les mêmes», déclare-t-il dans un entretien accordé à Keystone-ATS.

Le retard de la Suisse s'explique avant tout par des raisons historiques. Pendant de nombreuses années, ce sont surtout des médecins internistes et des chirurgiens généraux qui accueillaient les patients selon les pathologies. La situation a toutefois changé, et ce sont désormais des urgentistes polyvalents qui composent une équipe spécialement dédiée à ce type de médecine.

«Nous aimerions que ce métier soit reconnu comme une profession avec des spécialistes à part entière», note le Dr Beysard. «C'est un combat d'avenir qui va prendre plusieurs années», estime-t-il.

Un mythe tenace

Outre ce besoin de reconnaissance, le principal défi des urgentistes consiste actuellement à gérer une hausse constante de leur activité. «Les consultations sont en hausse de 3% par année. Dans ces conditions, il faut trouver des solutions pour prendre en charge les patients dans des délais raisonnables et pour les orienter au mieux dans les différents services», souligne le Pr Pierre-Nicolas Carron, chef du service des urgences au CHUV.

Le service des urgences de l'hôpital lausannois reçoit 65'000 patients chaque année au «tri». Il traite 42'000 personnes, tandis que les 23'000 autres sont orientées vers d'autres services.

Interrogé sur sa profession, le Dr Beysard mentionne l'existence du «mythe» toujours tenace de l'urgentiste qui sauve des vies en permanence. «L'activité ambulatoire constitue la majeure partie de notre travail. L'urgence vitale ne représente que 5% de notre activité», note-t-il.

Le médecin cadre souligne également que le rythme de travail a passablement évolué ces dernières années. «Les patients se présentent dans une même proportion 24 heures sur 24, alors que nous avions surtout des consultations diurnes par le passé. Il a fallu adapter nos effectifs, qui sont dorénavant aussi bien dotés le jour comme la nuit», explique-t-il. (ats/nxp)

Créé: 27.05.2019, 10h30

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