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Julia de Funès parle du bonheur au travail

Créé il y a 45 ans par un mécène chaux-de-fonnier, le Club 44 a reçu Julia de Funès. La doctoresse en philosophie et petite-fille du célèbre acteur a captivé l'auditoire.

Julia de Funès était l'invitée mardi du Club 44 à La Chaux-de-Fonds.
Julia de Funès était l'invitée mardi du Club 44 à La Chaux-de-Fonds.
DR/photo d'illustration

La docteure en philosophie et spécialiste en ressources humaines française Julia de Funès, petite-fille de l'illustre acteur Louis de Funès, a captivé mardi soir l'auditoire du Club 44 de La Chaux-de-Fonds. Avec un sens des petites phrases qui font mouche mais sans les mimiques de son illustre grand-père.

«Comme je ne suis pas en France, je me lâche. A Paris, je fais plus attention», a déclaré Julia de Funès devant 175 personnes. Elle reconnaît que son franc-parler sur les modes et les idéologies, qui règnent dans les entreprises, lui «ont déjà fait perdre des clients».

L'oratrice, qui a écrit «Socrate au pays du process», est convaincue que la philosophie, qui questionne le sens par la confrontation des points de vue, peut apporter énormément au monde du travail. Julia de Funès déplore l'idéologie procédurale, «qui fait perdre le sens du travail aux employés et déshumanise l'esprit».

Les façons de faire deviennent mécaniques et normées. La philosophe aimerait que les entrepreneurs comprennent que toute action ne peut se faire sans prise de risques, sans y donner du sens, et sans une dose de confiance.

Artifices du bonheur

Julia de Funès a mis le doigt sur un paradoxe. «Il y a de plus en plus d'employés en burn-out ou en bore-out (perte de sens au travail)», alors que les gadgets sensés améliorer les conditions de travail - comme les baby foot - prolifèrent. «On réduit le bien-être des collaborateurs à des artifices du bonheur».

Pour l'oratrice, le poste de «chief happiness officer» (responsable du bonheur en entreprise), qui est en plein essor, «est un emploi fictif». «Le bonheur est par définition indéfinissable et instable», ironise-t-elle.

Débats hebdomadaires

«En fondant le club à l'issue de la guerre, Georges Braunschweig a voulu libérer la parole. Il s'agit d'une reconstruction de l'esprit et de l'humanité par les échanges», observe Marie-Thérèse Bonadonna, déléguée culturelle du Club 44.

L'idée était aussi de donner envie à la main-d'oeuvre qualifiée de rester à La Chaux-de-Fonds, grâce à ses institutions culturelles comme la salle de musique, le théâtre à l'italienne et ce club de conférences.

Le fondateur, patron de l'entreprise horlogère Portescap, a voulu également contrecarrer la «fordisation de la société», en faisant exploser les cloisons. Il souhaitait que la «réalité des uns et des autres soit entendue», note la déléguée culturelle. Au cours de sa longue histoire, le Club 44 a ainsi accueilli d'illustres orateurs, de Jean-Paul Sartre à François Mitterand en passant par François Truffaut, Ella Maillart ou Nicolas Bouvier.

Des Jésus qui attirent

Certains orateurs, comme l'astrophysicien Hubert Reeves, le chirurgien cardiaque pédiatrique René Prêtre ou la figure de la bienveillance romande Rosette Poletti ont drainé un tel public qu'il a fallu limiter les participants pour des questions de sécurité, explique Marie-Thérèse Bonadonna. «Ce sont un peu des Jésus qui attirent par leur exemplarité et leur bonté», relève-t-elle.

Pour marquer ses 75 ans, le Club sort un livre le 23 mai, rédigé par de nombreux contributeurs. Cet ouvrage donne aussi la parole aux auditeurs.

(ats)

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