Juges étrangers: seule l'UDC pleure sa défaite

SuisseLe soulagement était quasi unanime en Suisse après le rejet sec de l'initiative UDC pour l'autodétermination.

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Volonté de maintenir de bons rapports avec l'étranger, attachement aux droits humains, défiance envers l'UDC: après le rejet net dimanche de l'initiative pour l'autodétermination, les analyses divergeaient. Le soulagement, lui, était quasi unanime. Sans surprise, seule l'UDC pleurait.

Les opposants au texte sont parvenus à répandre l'insécurité, a regretté Albert Rösti, le président du parti de droite, à l'issue du scrutin. De son avis, la campagne a été «agressive et polémique».

Malgré cette défaite cuisante, le débat sur l'initiative a permis de «repousser ou d'éviter» la signature du Pacte mondial de l'ONU sur les migrations, nuance M. Rösti. L'UDC suivra de très près le respect des aspects de démocratie directe dans les questions du Pacte mondial sur les migrations et de l'accord-cadre avec l'Union européenne.

Partenaire commercial sûr

Dans la plupart des autres formations politiques du pays, le soulagement était au contraire de mise après le verdict des urnes. Le comité interparti contre l'initiative s'est réjoui de ce résultat net, qui «évite que la Suisse ne devienne un partenaire peu fiable sur la scène internationale».

De l'avis de ce groupe composé de 151 membres du Parlement fédéral, la campagne de clarification des opposants a «ouvert les yeux» des citoyens helvétiques.

Les milieux économiques ont eux aussi salué le fait que les votants se soient prononcés en faveur d'une «Suisse ouverte au monde». La directrice d'economiesuisse, Monika Rühl, a rappelé que le pays dispose de nombreux accords internationaux importants, qui lui offrent un accès au marché et assurent des investissements.

Le directeur de Commerce Suisse, Kaspar Egli, s'est pour sa part félicité d'un résultat qui restaure la sécurité juridique,«une condition centrale pour la pérennité et la préservation de la prospérité en Suisse». Avec ce vote, «il est assuré que la Suisse sera solidement implantée au niveau international et qu'elle restera un partenaire commercial sûr».

Même son de cloche chez l'Union suisse des arts et métiers (usam): «Les entreprises ont besoin d'un accès sûr et stable aux marchés internationaux et, surtout, aux pays de l'UE.» Le «non» à ce que l'usam qualifie d'initiative «isolationniste» aurait à l'inverse «compromis l'accord sur la libre circulation des personnes avec l'UE».

Droits des travailleurs

Pour Manon Schick, la directrice générale d'Amnesty International Suisse, le refus massif de l'initiative contre les juges étrangers est un «vrai signal» du fort attachement des Suisses aux droits humains. Désormais, le regard de l'ONG se tourne vers le Parlement. Sa tâche est de «poser un cadre général pour la validation des initiatives qui sont potentiellement en porte-à-faux avec le droit international».

Les syndicats voient eux aussi dans le résultat de dimanche un signal fort pour les droits humains, ainsi qu'une bonne nouvelle pour les travailleurs. L'acceptation du texte aurait affaibli les tribunaux suisses et rendu plus difficile l'application des droits humains, estime l'Union syndicale suisse (USS). Les travailleurs et travailleuses en particulier en auraient souffert.

Pour Travail.Suisse, l'initiative de l'UDC «était entre autres une attaque contre les droits des travailleurs et travailleuses protégés au plan international».

La présidente d'Unia, Vania Alleva, va dans le même sens, en ajoutant que le syndicat n'acceptera «en aucun cas» de conclure avec l'UE un accord qui limite les contrôles du respect de la législation sur le travail et des conventions collectives de travail en vigueur, tout en empêchant la répression du dumping salarial.

Ras-le-bol

Un an avant les prochaines élections fédérales, les adversaires politiques de l'UDC voient un bon signal dans sa défaite de dimanche. Le refus net de l'initiative sur les juges étrangers «montre que les Suisses sont fatigués» de ce parti, analyse le chef du groupe socialiste aux Chambres fédérales, Roger Nordmann.

La campagne autour de l'initiative pour l'autodétermination «était le navire amiral de l'UDC en vue des élections» de 2019, précise le Vaudois. Le rejet du texte prouve que la population helvétique «en a ras-le-bol de cette logique à la Trump». (ats/nxp)

Créé: 25.11.2018, 15h48

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